« Levez les yeux, regardez, elle a sauté de là-haut, du dernier étage. » Au café Chibani, au pied d’une des deux barres d’immeuble de la résidence Pontcarral à l’ouest de Toulon (Var), les habitants sont encore sous le choc. Ce mercredi matin, peu avant 6 heures, une mère de famille de 38 ans s’est jetée du 13e étage avec trois de ses sept enfants, une fille et deux garçons, âgés de 3, 5 et 6 ans. Le saut dans le vide ne leur a malheureusement laissé aucune chance. Les secours dépêchés sur place ont bien tenté de ranimer la plus jeune mais en vain. Les autres sont décédés sur le coup.
Dans le quartier coincé au bord de l’A50 qui relie le port varois à Marseille, on échafaude des explications pour « tenter d’expliquer l’inexplicable ». Attablé à la terrasse du café, un résidant du deuxième étage de l’immeuble où a eu lieu le drame a été réveillé par le bruit. « Je me suis penché par la fenêtre et ce que j’ai vu, je ne peux pas le décrire », se désole-t-il en levant les bras au ciel. « Je n’ai pas eu le cœur à aller travailler ce matin. Trop d’images dans la tête », se justifie-t-il. « Ma mère est choquée, elle tourne en boucle, complète un collègue. Ça choque tout le monde ici. » « Pourquoi sauter avec les enfants ? » s’interrogent plusieurs clients à haute voix.
La thèse du suicide est privilégiée par les enquêteurs. La femme, qui élevait seule sa progéniture, présentait un profil psychologique fragile. Selon les premiers éléments, elle aurait laissé une lettre expliquant son geste, mais son contenu n’a pas été divulgué. Les quatre autres enfants, confiés à leur père, seraient sains et saufs. Une cellule psychologique a été mise en place pour les proches et les témoins.
Le maire de Toulon, Hubert Falco, a exprimé sa profonde tristesse et a appelé à la solidarité envers les familles touchées. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame. Les habitants du quartier, marqués par ce tragique événement, tentent de comprendre comment une telle tragédie a pu se produire.



