François Ozon adapte Camus : une relecture sensorielle de L'Étranger
Ozon adapte L'Étranger : une relecture sensorielle

Il faut une certaine audace pour s’attaquer au chef-d’œuvre d’Albert Camus et succéder à Luchino Visconti. Fort heureusement, François Ozon n’en est pas dépourvu. Il faut surtout du talent pour relever le défi. Là encore, le cinéaste en a. La notoriété du roman permet d’en accélérer le résumé. À Alger, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Meursault le taiseux, anonyme employé, enterre sa mère. Il mène une vie sans émotions percutée par sa rencontre avec la troublante Marie et perturbée par l’irruption d’un voisin intrusif et inquiétant.

Une adaptation sensorielle et audacieuse

Ozon signe un film sensoriel d’une grande perspicacité, porté par une indéniable conscience de mise en scène. Débutant son adaptation sur un versant littéraire mais jamais littéral, utilisant à son profit les décors urbains – froids et neutres, comme son héros – captés dans un noir et blanc carcéral, il initie un mouvement tout en crescendo vers un final débarrassé du discursif et entièrement raconté du point de vue des corps. Des peaux solitaires brûlées par le soleil et par les désirs interdits qui trouvent leur acmé tragique dans un paroxysme de violence et d’érotisme libérés.

Entre fidélité et trahison

Entre fidélité et trahison à la matrice romanesque, entre expressionnisme et surréalisme dans sa tonalité, L’Étranger de François Ozon, brillamment interprété par Benjamin Voisin, semble surgir des limbes. Irradié et désespéré.

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Mercredi 10 juin à 21h10 sur Canal+. Drame français de François Ozon (2025). Avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder. 2h00. Disponible à la demande sur myCANAL.

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