L’Étrangère de Gaya Jiji : un drame d’asile maladroit
L’Étrangère de Gaya Jiji : un drame d’asile maladroit

Après un premier long métrage remarqué, la cinéaste libanaise Gaya Jiji revient avec L’Étrangère, un drame sur l’exil qui peine à convaincre. Le film suit une jeune femme syrienne, fuyant la guerre, qui tente de trouver refuge en France. Malgré une photographie soignée et une interprétation juste, le récit manque de profondeur et tombe dans certains clichés.

Un scénario trop convenu

Le film s’ouvre sur des images de Damas en ruines, puis suit le parcours de la protagoniste, interprétée par l’actrice syrienne Kinda Alloush. Son personnage, prénommé Salam, traverse la Turquie puis l’Europe, confrontée à la bureaucratie et à la xénophobie. Mais le scénario, écrit par Jiji elle-même, accumule les situations attendues sans parvenir à surprendre. Selon la critique du Libération, « la réalisatrice semble plus soucieuse de respecter une certaine grammaire du film d’asile que d’explorer la singularité de son héroïne ».

Une mise en scène inégale

La mise en scène alterme entre plans serrés et paysages grandioses, mais certaines séquences paraissent artificielles. La réalisatrice utilise des symboles appuyés, comme un oiseau en cage, qui alourdissent le propos. En revanche, les scènes de la vie quotidienne dans les centres d’hébergement d’urgence sont plus justes, grâce à un travail documentaire. Gaya Jiji a déclaré : « Je voulais montrer la lenteur du processus d’asile, cette attente qui use les corps et les esprits. »

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Une interprétation salvatrice

Kinda Alloush porte le film avec une intensité contenue, mais son personnage reste trop lisse pour émouvoir pleinement. Les seconds rôles, notamment un avocat joué par l’acteur français Philippe Rebbot, apportent une touche d’humanité. Malgré tout, L’Étrangère peine à s’élever au-dessus du lot des films sur l’exil, qui se comptent par dizaines chaque année.

Un film qui manque sa cible

Sorti en salles le 26 juin 2024, le film n’a pas rencontré son public, avec seulement 12 000 entrées en première semaine. Les critiques sont partagées : si certains saluent la volonté de traiter un sujet d’actualité, d’autres regrettent un manque de nuance. L’Étrangère reste un essai honorable mais maladroit, qui ne parvient pas à renouveler le genre.

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