De Londres à l’Hérault, l’incroyable destin de l’Otocar, le bus devenu œuvre d’art
L’incroyable destin de l’Otocar, bus devenu œuvre d’art

L’Otocar a connu plusieurs vies. Cet ancien bus londonien, transformé en œuvre de street-art par Speedy Graphito, trône désormais à l’entrée du Musée Parcelle 473, à Montpellier. Laurent Rigail, son fondateur, vient de lancer un projet audacieux : restaurer l’œuvre et le véhicule pour en faire un musée itinérant sur les routes.

Un destin hors du commun

Les belles histoires tiennent parfois à peu de choses. Celle de l’Otocar aurait pu s’achever dans un champ de Normandie. Par un surprenant concours de circonstances, le bus à impériale devenu œuvre d’art a terminé sa carrière dans un musée. Il pourrait même la poursuivre sur les routes de l’Hérault, si le galeriste Laurent Rigail réussit le pari un peu fou qu’il vient de se lancer.

Le bus retrouvé par hasard, couvert de mousse

Tout commence quelques mois avant l’ouverture de Parcelle 473, le musée dédié aux arts urbains que le Montpelliérain a fondé en 2022 sur le domaine viticole familial, à Malbosc. Il cherche alors à acheter un bus de ville réformé pour le transformer en atelier d’artiste. “Sur un site de petites annonces, je tombe sur ce véhicule anglais à la carrosserie peinte, et je reconnais immédiatement le style de Speedy Graphito”, explique Laurent Rigail. Et pour cause, sa galerie parisienne a représenté l’artiste – précurseur du mouvement street-art en France – pendant plus de dix ans. “Je savais que ce véhicule existait mais je ne m’attendais pas à le retrouver couvert de mousse, piqué par la rouille, dans le jardin d’un collectionneur qui avait pour projet de le restaurer, peinture comprise.”

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Londres, Paris, la Normandie puis Montpellier : les multiples vies de l’Otocar

Quelques semaines et un voyage en porte-char plus tard, voilà l’historique véhicule posé à l’entrée du Musée montpelliérain, où il réside toujours et accueille les ateliers artistiques dédiés aux enfants. Une sorte de troisième vie. Car l’Otocar, le nom que lui a donné Speedy Graphito, a commencé sa carrière dans les rues de Londres dans les années 60. Il prend ensuite la direction de Paris et des quais de Seine. Stationné au pied du Batofar (devenu Bateau Phare depuis 2019), il sert de food-truck à la mythique salle de concert flottante du 13e arrondissement.

100 000 € à trouver pour faire naître un musée itinérant

“Speedy Graphito (Olivier Rizzo de son vrai nom) l’a peint dans les années 90. Et il est prêt à restaurer son œuvre, en conservant les couleurs et les motifs.” Voilà donc le nouveau projet de Laurent Rigail : redonner vie à l’Otocar en rénovant l’intérieur et l’extérieur du véhicule. “On est en train de monter un partenariat avec un Institut médico-éducatif pour que de jeunes adultes en situation de handicap puissent venir assister l’artiste.” Avant de poursuivre, sourire en coin : “et pourquoi s’arrêter là ? On peut faire encore mieux en remettant le bus sur la route !”

Carrosserie à reprendre, moteur et système de freinage à refaire, pneumatiques à changer… “J’ai pris contact avec des mécaniciens et des associations en Angleterre. Tous m’affirment que rien n’est irréparable sur ces machines.” Reste à trouver les financements : 100 000 €. Des mécènes ont déjà apporté leur soutien à Laurent Rigail, et le musée vient de lancer un appel aux dons auprès du grand public. S’il réussit sa mue, l’Otocar se transformera alors en petit musée itinérant, direction les quartiers populaires et les zones rurales, avec la mission “d’apporter l’art auprès de ceux qui en sont parfois éloignés”. Premiers tours de roues espérés pour 2027 !

La collecte vient d’être lancée sur le site helloasso.com. Elle vise dans un premier temps à récolter 53 000 € pour restaurer l’œuvre, la carrosserie et la mécanique. L’aménagement intérieur se fera dans un second temps.

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