Un budget sous le signe de la discorde
Hier soir, le conseil municipal de Fréjus a adopté le budget 2026 dans une atmosphère tendue. La hausse des taxes locales a été le principal point de friction entre la majorité et l'opposition. Le maire David Rachline a défendu un budget qu'il qualifie de nécessaire pour financer des investissements structurants, tandis que les élus minoritaires dénoncent un manque de transparence et des choix contestables.
Les investissements au cœur du débat
Neuf autorisations de programme ont été votées, représentant un total de 66 millions d'euros étalés jusqu'en 2029. Parmi les projets phares : la création de l'école de La Baume (32 millions d'euros), la construction des nouveaux services techniques (17 millions) et des actions de performance énergétique (4,8 millions). L'élu d'opposition Emmanuel Bonnemain a salué certains projets mais a critiqué deux d'entre eux, qu'il juge clientélistes : la rénovation de la maison des associations de Fréjus-Plage et l'extension de celle de la Tour de Mare. Selon lui, ces projets profitent à des associations spécifiques, ce que l'adjoint Patrick Perona a réfuté en soulignant le nombre d'adhérents et la nécessité d'agrandir des locaux devenus exigus.
Une hausse d'impôts de 22,4%
Après quatorze années de stabilité, les taux d'imposition communaux augmentent de 22,4%. La taxe foncière sur les propriétés bâties passe de 35,94% à 44%, celle sur les propriétés non bâties de 30% à 36,73%, et la taxe d'habitation de 14,34% à 17,56%. L'opposition, par la voix de Katia Michelan, a qualifié cette mesure d'inadmissible, accusant le maire d'avoir trompé les électeurs en ne précisant pas ses intentions pendant la campagne. David Rachline a répondu qu'il n'avait jamais promis de ne pas procéder à des ajustements fiscaux, et que les projets avaient été présentés aux électeurs qui les ont approuvés.
Un budget primitif dopé par l'impôt
Le budget primitif 2026 s'élève à 108 millions d'euros en fonctionnement, en hausse de 1% sur un an. Les recettes fiscales devraient progresser de 11,6 millions d'euros (+16,8%) grâce à la hausse des impôts. En investissement, la Ville prévoit près de 50 millions d'euros, dont 32 millions pour les dépenses d'équipement. Sont notamment prévus 2,8 millions pour la voirie, 1,3 million pour les réparations dans les bâtiments et 180 000 euros pour un terrain de beach soccer. La dette, qui atteint près de 150 millions d'euros, sera réduite de 411 000 euros net après un nouvel emprunt de 13,7 millions d'euros.
L'opposition critique la gestion financière
Les élus minoritaires ont vivement critiqué la situation financière. Christine Romano a souligné que l'effort demandé aux contribuables ne se traduit pas par une dynamique d'investissement, qui recule de 24% par rapport au budget précédent, tandis que les tarifs du périscolaire augmentent. Jérôme Fotia a dénoncé des projets pharaoniques et un équilibre budgétaire reposant uniquement sur la hausse des recettes fiscales, appelant à des réductions de charges à l'image de ce qu'a fait Éric Ciotti à Nice. Martial Cerrutti s'est interrogé sur la cohérence de la création de l'école de La Baume dans un contexte de baisse démographique.
La majorité se défend
La majorité n'a pas été déstabilisée. L'adjoint Patrick Perona a rappelé que David Rachline avait déjà supprimé les véhicules de fonction des élus en 2014, et que les frais du cabinet du maire avaient baissé de 10% chaque année depuis 2024. Le maire a conclu en brocardant les critiques de l'opposition, affirmant que Fréjus continue d'avancer et que depuis 2014, 200 millions d'euros ont été investis dans un cadre de stabilité fiscale exemplaire, malgré une baisse de 50 millions d'euros des dotations de l'État.



