« Le Triangle d’or » : deux femmes prisonnières d’un luxe étouffant
« Le Triangle d’or » : prison dorée pour deux femmes

Le dernier long-métrage de Claire Denis, intitulé Le Triangle d’or, a été présenté en avant-première mondiale au Festival de Cannes 2026, où il a reçu une standing ovation de dix minutes. Le film, qui sortira en salles le 12 août prochain, raconte l’histoire de deux jeunes femmes, interprétées par Léa Seydoux et Virginie Efira, séquestrées dans un hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris par un mystérieux milliardaire.

Un huis clos oppressant dans le luxe

Le scénario, coécrit par Denis et Christine Angot, s’inspire librement d’une affaire réelle survenue en Suisse en 2019. Les deux actrices livrent une performance intense, captant la lente descente aux enfers de leurs personnages. « Ce n’est pas un film sur la captivité, mais sur la complicité qui naît dans l’adversité », a déclaré Claire Denis lors de la conférence de presse.

Le budget du film s’élève à 12 millions d’euros, dont une grande partie a été consacrée à la reconstruction minutieuse d’un hôtel particulier rue de la Faisanderie. Le décor, signé par le chef décorateur Jean Rabasse, utilise des matériaux nobles comme le marbre de Carrare et le bois d’acajou, créant un contraste saisissant avec l’atmosphère carcérale.

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Un succès critique et polémique

À sa sortie, le film a déclenché un vif débat sur la représentation des classes supérieures. Certains critiques y voient une satire féroce du capitalisme tardif, tandis que d’autres dénoncent un « film de riches pour riches ». Selon un sondage Ifop publié dans Le Figaro, 68% des spectateurs interrogés estiment que le film « dénonce avec justesse les dérives de l’ultra-richesse ».

Le titre Le Triangle d’or fait référence au quartier huppé de Paris, mais aussi à la figure géométrique du triangle amoureux qui se forme entre les deux femmes et leur geôlier. Le réalisateur de photographie, Hélène Louvart, utilise une palette de couleurs chaudes – or, cuivre, rouge – qui évoque à la fois la richesse et l’enfer.

Un duo féminin électrique

Léa Seydoux incarne Alice, une ancienne avocate, tandis que Virginie Efira joue Emma, une danseuse étoile à la retraite. Leur alchimie à l’écran a été saluée par la critique. « Elles portent le film à bout de bras, avec une intensité rare », écrit le journal Libération. Les deux actrices ont suivi un entraînement intensif de six mois pour maîtriser les gestes du quotidien dans un espace confiné.

Le film a également marqué le retour du compositeur Tindersticks, fidèle collaborateur de Claire Denis, dont la bande originale mêle cordes lancinantes et percussions électroniques. La scène finale, un plan-séquence de douze minutes sans dialogue, a été filmée en une seule prise après huit répétitions.

Impact et suites

Déjà sélectionné pour représenter la France aux Oscars 2027, Le Triangle d’or devrait attirer plus de 2 millions de spectateurs en France, selon les projections. Le distributeur, Wild Bunch, prévoit une sortie internationale dans 35 pays. Une série dérivée, centrée sur l’enfance du personnage du milliardaire, est déjà en développement chez Canal+.

Claire Denis, interrogée sur la portée politique du film, a conclu : « Je voulais filmer la peur qui habite ceux qui possèdent tout. Car c’est cette peur qui les pousse à tout contrôler. »

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