Ce mardi, à Orange, dans le Vaucluse, une découverte macabre a conduit à l'ouverture d'une enquête judiciaire. Le parquet de Carpentras a annoncé qu'une femme de 32 ans, qui venait d'accoucher à domicile d'un enfant vivant et en bonne santé dimanche, a été placée en garde à vue. Les enquêteurs ont retrouvé dans son domicile les ossements de quatre bébés ainsi qu'un cinquième corps de nouveau-né en état de décomposition avancée.
Un compagnon troublé par une grossesse tardive
Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est le compagnon de la femme, également âgé de 32 ans, qui a alerté les autorités. Il a expliqué avoir fouillé l'appartement après avoir été « troublé par la découverte une nouvelle fois très tardive de la grossesse de sa compagne », comme le rapporte le parquet. L'homme a été entendu par les enquêteurs puis remis en liberté.
Le couple vivait dans un appartement du centre ancien d'Orange. Ils ont deux autres enfants, âgés de 8 et 9 ans, qui ont été placés immédiatement à l'aide sociale à l'enfance (ASE) par mesure de protection.
Une enquête pour infanticides
L'enquête, confiée à la gendarmerie, devra déterminer les causes et les circonstances de ces décès. Les autopsies des corps et des ossements sont en cours. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs tentent de comprendre pourquoi la femme a caché ces grossesses et comment elle a pu donner naissance à plusieurs enfants sans que personne ne s'en aperçoive. « Il s'agit probablement de grossesses non déclarées, un phénomène rare mais pas inédit en France », précise une source judiciaire. En 2022, une affaire similaire dans le Tarn avait défrayé la chronique, avec la découverte de huit bébés morts chez une mère de famille.
Le parquet de Carpentras a précisé que la mère est hospitalisée depuis dimanche, après avoir accouché à domicile. C'est dans ce contexte que son compagnon a fait la macabre découverte. Les voisins, interrogés, se disent choqués : « On ne se doutait de rien, c'était une famille discrète », témoigne l'un d'eux.
Deux enfants déjà confiés à l'ASE
Les deux enfants aînés du couple, une fillette de 8 ans et un garçon de 9 ans, ont été pris en charge par les services sociaux. Ils n'ont pas été témoins des faits, selon les premiers éléments. Une cellule psychologique a été mise en place pour les accompagner. L'enquête se poursuit pour déterminer l'implication éventuelle du père, qui reste pour l'instant libre. « Rien ne permet à ce stade de retenir des charges contre lui », indique le parquet.
Cette affaire relance le débat sur le suivi des grossesses non déclarées et la protection de l'enfance. En France, chaque année, environ 200 à 300 femmes cachent leur grossesse, selon des estimations de la DREES. Dans certains cas, cela peut conduire à des infanticides. « Il est essentiel que les professionnels de santé et les travailleurs sociaux soient formés à détecter ces situations », commente un spécialiste de la protection de l'enfance.
L'audition de la mère se poursuit en garde à vue. Elle devra répondre de ses actes devant la justice. L'enquête pourrait prendre plusieurs semaines pour faire la lumière sur cette tragédie familiale.



