« Jim Queen » : satire LGBTQIA+ délirante et joyeuse en animation
« Jim Queen » : satire LGBTQIA+ délirante et joyeuse

Attention, ce n'est pas du simili-queer. A-t-on d'ailleurs déjà vu satire aussi initiée, drôle et décomplexée, qui plus est en animation, sur le milieu LGBTQIA+ ? « Jim Queen », réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané (France-Belgique, 1h25), sort en salles le 17 juin et promet un moment de franche rigolade.

Une intrigue déjantée

Jim Queen, star des influenceurs gay, passe ses journées à entretenir son corps et son réseau au club de gym, et ses nuits à clubber. Mais soudain, il perd un abdo, puis deux. Pire, il se surprend à aimer le foot ! Jim a chopé l'hétérose, un virus qui transforme les homos en hétéros et fait de plus en plus de ravages au sein de la communauté. Pour cause : Ricky Martin a épousé Kristen Stewart, le patron de La Fistinière ne peut plus mettre un suppo et la Fashion Week a été annulée !

Paumé, Jim trouve du réconfort auprès de Lucien, son fan numéro un, un puceau gringalet échappé de la prison dorée, plus Boutin que Louboutin, où sa mère, ministre de la Santé, le retenait captif. Ensemble, ils vont tenter de passer entre les mailles de la Gaystapo et de comprendre l'origine de cette saloperie de maladie.

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Un rythme effréné et un humour corrosif

Leur croisade, menée au rythme déjanté de cinq bons gags ou répliques imparables par minute, revisite quelques figures et lieux parisiens emblématiques de la culture queer (du Bears'den au Rosa Bonheur en passant par le labyrinthe des Tuileries). Non seulement c'est hilarant, mais c'est aussi d'une allégresse politique propre à faire marrer même le plus cul serré des spectateurs. Les réacs, complotistes, homophobes et faux prophètes de tout poil en prennent pour leur grade, mais l'égocentrisme et le sectarisme de la communauté ne sont pas en reste.

Un potentiel film culte

La capacité folle des auteurs et animateurs, un aréopage d'artistes d'orientations sexuelles diverses réunis par les producteurs de la série « les Kassos », à faire feu de tout bois et à rire des codes les plus trash du milieu sans exclure les profanes dans un style pop et coloré a tout pour propulser « Jim Queen » (présenté en Séance de minuit au Festival de Cannes) au rang de film culte. Y compris son dénouement, d'un aplomb transgressif digne d'alimenter les débats.

On n'en dira pas plus, sinon vous enjoindre à adopter le mantra de Jim – « Reste toi-même, les autres sont déjà pris » – et à faire un triomphe à ce joyeux délire qui ne prend pas les cockrings pour des ronds de serviette.

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