Il y a 40 ans, la France pleurait Coluche : l'adieu au clown provocateur
Dans nos archives « Tu crois que c’est marrant d’avoir le nez rouge ? » L’adieu à Coluche, il y a 40 ans dans « le Nouvel Obs » Archives. Une moto contre un camion et la France passe du rire aux larmes. C’est toujours si triste, un clown qui meurt… Mais qui les Français ont-ils pleuré, en ce mois de juin 1986 ? Le comique ou le provocateur ? Le pauvre-devenu-riche ou le riche-qui-donnait-aux-pauvres ? Celui qu’ils aimaient et haïssaient, le voici tel qu’ils ne le connaissaient pas, sous la plume du journaliste François Caviglioli.
Par François Caviglioli. Publié le 19 juin 2026 à 7h30. Lecture : 9 min. Abonné. Coluche, en avril 1983 à Paris. GABRIEL DUVAL/AFP.
« Faut que tout le monde graille »
Le dernier coup d’éclat de Coluche aura été la restauration du cœur. Ce n’était pas seulement de la charité, un bon mouvement de star vaguement honteuse de son fric, pas seulement des restaurants pour faire bouffer, le temps d’un hiver, les pauvres dont il s’était tant moqué, pour les secouer, pour les faire rire d’eux-mêmes, pour les arracher à la fatalité de la pauvreté, pour les rendre moins cons. C’était peut-être aussi la restauration de son propre cœur parce que Coluche savait qu’en mimant la méchanceté pour la dénoncer on risque de devenir méchant à son tour. Surtout lorsqu’on a été pauvre.
Les pauvres l’ont compris, parce qu’ils comprennent toujours ceux qui ont été des leurs et qui ont reçu le grand rêve qu’ils ne réaliseront jamais : s’en sortir. Ils sont venus défiler en famille devant son cercueil exposé dans sa maison de la rue Gazan, près du parc Montsouris. Ils s’arrêtaient un … Article réservé aux abonnés. Se connecter Offre spéciale Tous nos contenus exclusifs en accès illimité S’abonner : 1€ par semaine pendant 1 an ou



