Gorgona : une dystopie qui ne méduse pas
Gorgona : une dystopie qui ne méduse pas

Le film Gorgona, réalisé par la cinéaste française Camille Clément, sort en salles ce mercredi. Cette dystopie, présentée en compétition au Festival de Cannes 2025, a déjà suscité un vif débat. Le long-métrage imagine une société où les femmes sont privées de la parole, contraintes de communiquer par signes, sous peine de sanctions sévères.

Un monde de silence imposé

Dans ce futur proche, un régime autoritaire a instauré le « silence féminin » comme loi fondamentale. Les femmes, dès l'âge de 12 ans, doivent porter un appareil qui bloque leurs cordes vocales. Toute tentative de parole est punie d'exil ou de prison. Le film suit l'histoire de Léa, une jeune femme qui refuse cette condition et tente de s'échapper.

Selon Camille Clément, « ce film est né de ma colère face aux violences faites aux femmes, mais aussi de l'actualité, où le droit des femmes est remis en question dans de nombreux pays ». La réalisatrice a passé trois ans à écrire le scénario, s'inspirant de témoignages réels de femmes sous régimes oppressifs.

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Une esthétique glaçante

L'image, en tons froids et saturés de bleu, renforce l'atmosphère oppressante. La bande-son, minimaliste, utilise le silence comme un personnage à part entière. Le critique de Libération, Jean-Michel Frodon, salue « une mise en scène maîtrisée qui évite le pathos tout en délivrant un message politique fort ».

Le budget du film, estimé à 4,5 millions d'euros, a permis des décors impressionnants, notamment une cité futuriste construite en studio. La distribution est dominée par des actrices émergentes, dont la révélation Sarah Perrin dans le rôle principal.

Un accueil contrasté

À Cannes, Gorgona a reçu des critiques mitigées. Certains y voient un manifeste féministe nécessaire, d'autres dénoncent un « didactisme pesant ». Le magazine Variety a qualifié le film de « dystopie puissante mais parfois trop explicite ».

En France, le film a déjà généré 2,3 millions d'euros de recettes en avant-première, selon le distributeur Le Pacte. Les associations féministes, comme Osez le Féminisme, ont appelé à soutenir le film, y voyant un outil de sensibilisation.

Une œuvre qui interroge

Au-delà du débat, Gorgona pose des questions sur la liberté d'expression et le contrôle des corps. La réalisatrice confie : « Je voulais montrer comment le silence peut être une arme de domination, mais aussi comment la résistance peut naître du silence partagé. »

Le film sort dans 320 salles en France. Il est interdit aux moins de 12 ans en raison de scènes de violence psychologique. La critique de Libération conclut : « Gorgona ne méduse pas, il réveille. »

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