Giuseppe De Santis : un cinéma de grandes classes
Giuseppe De Santis : un cinéma de grandes classes

Le cinéma italien pleure l'un de ses plus grands maîtres. Giuseppe De Santis, figure emblématique du néoréalisme, s'est éteint à l'âge de 97 ans. À cette occasion, une rétrospective de son œuvre est organisée à Paris, permettant de redécouvrir un cinéaste engagé, dont les films ont marqué l'histoire du septième art.

Un parcours hors du commun

Né en 1917 à Fondi, dans le Latium, Giuseppe De Santis commence sa carrière comme critique de cinéma avant de passer à la réalisation. Son premier long métrage, La Chasse tragique (1947), pose les bases de son style : un réalisme poignant, mêlé à une critique sociale acerbe. Il s'impose rapidement comme une figure de proue du néoréalisme italien, aux côtés de Rossellini, Visconti et De Sica.

Des films engagés

De Santis n'a jamais caché ses convictions politiques. Membre du Parti communiste italien, il utilise le cinéma comme une arme pour dénoncer les injustices sociales. Son film le plus célèbre, Riz amer (1949), avec Silvana Mangano, est une fresque sur les conditions de travail des ouvrières agricoles dans la plaine du Pô. Le film, qui mêle érotisme et politique, provoque un scandale mais rencontre un immense succès public.

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D'autres œuvres marquantes suivent, comme Onze heures sonnaient (1952), qui s'attaque à la condition des travailleurs migrants, ou La Route d'un an (1958), une ode à la résistance paysanne. Chacun de ses films est un plaidoyer pour les classes laborieuses, un cri de révolte contre l'exploitation.

Un style unique

Giuseppe De Santis se distingue par sa mise en scène dynamique et son utilisation de la lumière naturelle. Il filme les corps avec une sensualité rare, tout en conservant un regard documentaire sur la réalité italienne de l'après-guerre. Ses plans séquences, souvent très longs, plongent le spectateur au cœur de l'action.

Sa filmographie, bien que moins connue que celle de ses contemporains, n'en reste pas moins essentielle. La rétrospective parisienne, qui se tient à la Cinémathèque française, permet de mesurer l'ampleur de son talent. Elle rassemble l'intégralité de ses longs métrages, ainsi que des documents d'archives inédits.

Un héritage durable

L'influence de De Santis se ressent chez de nombreux réalisateurs italiens et internationaux. Son engagement politique et esthétique a ouvert la voie à un cinéma plus militant, soucieux de représenter les luttes populaires. Aujourd'hui, alors que les inégalités sociales ne cessent de croître, son œuvre résonne avec une force renouvelée.

La rétrospective est l'occasion de redécouvrir un cinéaste qui a su allier poésie et politique, sensualité et révolte. Elle rappelle que le cinéma peut être un outil de transformation sociale, un miroir tendu à une société en mutation. Giuseppe De Santis n'est plus, mais ses films continuent de parler pour lui.

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