« Fjord » de Cristian Mungiu : notre avis sur la Palme d'Or 2026
« Fjord » : notre avis sur la Palme d'Or 2026

La Palme d'Or du Festival de Cannes 2026, « Fjord » de Cristian Mungiu, sort en salles ce mercredi 19 août. Le film raconte l'histoire d'une famille qui s'installe dans un petit village de Norvège, où son éducation traditionnelle se heurte à des soupçons de maltraitance. Notre avis : 3/5.

Une installation idyllique qui bascule dans le drame

Dans un petit village de Norvège, un couple roumano-norvégien et leurs cinq enfants s'installent. La famille Gheorghiu est très bien accueillie et se lie rapidement d'amitié avec ses voisins, les Halberg. Malgré des styles éducatifs très différents – les Gheorghiu sont très croyants et traditionnels – les enfants des deux familles tissent des liens étroits.

Tout bascule le jour où une enseignante constate que l'aînée, Elia, a de nombreux bleus sur le corps. Le doute s'installe : les parents violent-ils leurs enfants ? La jeune fille aurait avoué que sa mère en était responsable. L'engrenage judiciaire se met en place contre le couple, qui perd un temps la garde de ses enfants, nourrisson inclus.

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Un tournage en anglais et des acteurs de renom

Pour ce film, le réalisateur roumain Cristian Mungiu s'est essayé pour la première fois à un tournage en langue anglaise, dans les paysages de la Norvège, avec deux acteurs de renommée internationale : Sebastian Stan (Captain America, The Apprentice…) et Renate Reinsve (Valeur sentimentale, Backrooms…).

Après avoir reçu le Prix du scénario au Festival de Cannes pour « Au-delà des collines » en 2010, et le Prix de la mise en scène pour « Baccalauréat » en 2016, Mungiu a obtenu sa deuxième Palme d'or en 2026, après celle de 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ». La récompense lui a été remise par l'actrice Tilda Swinton.

Un instantané de la réalité norvégienne

Cristian Mungiu a souhaité réaliser un instantané de la réalité, notamment de la société norvégienne, où la législation sur l'aide à l'enfance est une des plus sévères au monde. Plans longs et absence de musique rythment ce long-métrage, où l'émotion se propage à travers des comédiens très justes, y compris les plus jeunes.

« C'est un film qui parle de ce besoin de tolérance », expliquait le réalisateur après la projection au Festival de Cannes, le lundi 18 mai dernier. « On doit absolument trouver une façon de communiquer avec l'autre, sinon on va finir par tuer tous ceux qui ne pensent pas comme nous. On doit se demander pourquoi nous avons l'extrême droite à ces niveaux en ce moment. Est-ce que nous sommes sûrs que nous n'avons pas fait nous-mêmes des erreurs ? C'est bien d'avoir toujours un équilibre, de rester calme, parce que même si tu as des bonnes idées, si tu veux les imposer, ça ne marchera pas. »

Dans ce film, tout n'est jamais tout noir ou tout blanc, et Cristian Mungiu ne prendra jamais réellement parti. Le fin mot de l'histoire ne sera jamais livré, laissant place à une réflexion sur la société « d'aujourd'hui, vraiment très radicalisée », sur l'intimité et sur les différences de chacun.

« Fjord », de Cristian Mungiu (Roumanie), avec Sebastian Stan, Renate Reinsve, Lisa Carlehed. Drame. 2h26. Notre avis : 3/5.

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