Festival d’Aix : Lucie Leguay, du clavier à la baguette
Festival d’Aix : Lucie Leguay, du clavier à la baguette

Lucie Leguay, pianiste de formation, fait ses débuts comme cheffe d’orchestre au Festival d’Aix-en-Provence. Elle dirige « La Flûte enchantée » de Mozart, une production qui a ouvert le festival le 2 juillet 2026. Ce passage du clavier à la baguette représente un tournant majeur dans sa carrière, après des années passées à accompagner des chanteurs et à diriger des ensembles de chambre.

Un parcours atypique

Née en 1988, Lucie Leguay a étudié le piano au Conservatoire de Paris avant de se spécialiser dans l’accompagnement vocal. Elle a travaillé avec des artistes comme la soprano Sabine Devieilhe et le ténor Benjamin Bernheim. « J’ai toujours eu une attirance pour la direction, mais je pensais que c’était inaccessible », confie-t-elle au Monde. Sa rencontre avec le chef d’orchestre François-Xavier Roth a été décisive. Il l’a encouragée à se lancer et lui a offert des opportunités de diriger des orchestres de jeunes.

Une première historique

Pour cette production, Leguay dirige l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, un ensemble qu’elle connaît bien pour l’avoir accompagné au piano. La mise en scène est signée Robert Carsen, une figure majeure de l’opéra. « C’est un immense honneur de travailler avec lui, mais aussi une pression énorme », avoue-t-elle. Le festival a programmé six représentations jusqu’au 20 juillet. Selon les organisateurs, plus de 80 % des places ont déjà été vendues, un signe de l’attrait pour cette nouvelle cheffe.

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Un enjeu de visibilité

Le Festival d’Aix-en-Provence, l’un des plus prestigieux au monde, accueille chaque année des artistes de renom. En confiant la direction d’un opéra à une femme, il s’inscrit dans une démarche de parité. « Le monde de la direction d’orchestre reste très masculin, mais les choses changent », souligne Leguay. Selon une étude de l’Association des orchestres français, seulement 12 % des chefs d’orchestre en France sont des femmes. Leguay espère que son parcours inspirera d’autres musiciennes.

Des défis techniques

Diriger un opéra est un exercice complexe qui exige de coordonner chanteurs, chœur et orchestre. « Le piano est un instrument solitaire, alors que la direction est un métier de lien », explique-t-elle. Elle a préparé cette production pendant six mois, étudiant chaque mesure de la partition. « Mozart est d’une simplicité trompeuse, il faut trouver la justesse du geste », ajoute-t-elle. Les répétitions se sont déroulées dans une ambiance studieuse, mais Leguay insiste sur l’importance de la confiance entre le chef et les musiciens.

Un avenir prometteur

Après Aix, Lucie Leguay est déjà programmée pour diriger « Così fan tutte » à l’Opéra de Lille en 2027. Elle continue également de jouer du piano, notamment en récital avec la mezzo-soprano Lea Desandre. « Je ne veux pas abandonner le piano, mais la direction est devenue une évidence », conclut-elle. Le Festival d’Aix-en-Provence prouve une fois de plus qu’il est un tremplin pour les talents émergents, et Lucie Leguay en est l’exemple parfait.

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