La journée dominicale du 21 juin aux arènes du Palio d'Istres a été marquée par une pluie d'émotions et la fin d'une époque. Le maestro colombien Cesar Rincon a participé à son dernier bal en France, tandis que Bernard Carbuccia, après 25 ans d'organisation et 130 corridas, a fait ses adieux. La question de l'avenir des arènes reste posée avec le départ de son architecte vers Nîmes et le changement de municipalité.
Les adieux de Cesar Rincon
Le festival de clôture, avec des novillos de Jandilla, a vu Cesar Rincon rayonner comme à Madrid en octobre dernier. Sa joie de participer à son dernier bal a irradié le ruedo. Le Colombien a montré une classe intacte, offrant beaucoup de distance aux toros et produisant un toreo profond. Il a coupé trois oreilles pour ses adieux. Sébastien Castella l'a accompagné par la grande porte après deux trophées obtenus face à son dernier Jandilla, s'imposant avec douceur et maîtrise technique. Seul un descabello en fin de premier combat l'a privé d'une moisson plus copieuse.
Juan Leal, la faena artistique
Juan Leal a marqué le festival en décrochant quatre oreilles. En manque de contrats avec quatre cartels programmés (Madrid, Béziers, Bayonne, Arles), l'Arlésien a prouvé qu'il méritait un autre statut. Face à son premier Jandilla, il a réalisé la faena la plus artistique de sa carrière : un récital de temple, lenteur et profondeur. Lors de son second combat, il a retrouvé son registre classique avec plusieurs séries de naturelles d'une profondeur exemplaire.
La matinale : alternative de Nino Julian et indulto de Colombo
La corrida matinale a offert l'alternative de Nino Julian, consacré 77e matador de l'histoire française, et l'indulto d'un toro de Robert Margé, Arlésien, gracié par Jesus Enrique Colombo. Avec un lot des Monteilles dont tous les toros ont servi, les trois toreros ont produit un spectacle entretenu avec un quite « por colera » entre Nino Julian et Ismaël Martin, et des tercios de banderilles partagés.
Nino Julian a montré de belles choses à la cape, aux banderilles et à la muleta, mais son tendon d'Achille avec les aciers lui a fermé la grande porte. Une série d'échecs à l'épée a conduit à l'envol d'une oreille face à chacun de ses adversaires. Ismaël Martin, très attendu après une prestation convaincante à Madrid, a démontré une détermination de tous les instants mais n'a pas donné une plus grande dimension artistique à sa première faena. Face à son second brave de Margé, plus encasté, il a livré une faena chaotique, même si une belle épée lui a offert une oreille.
Jesus Enrique Colombo, triomphateur de la matinale
Le grand triomphateur de la matinale a été Jesus Enrique Colombo avec trois oreilles et un second indulto en une semaine, après avoir gracié un Pagès-Mailhan à Mimizan le week-end précédent. Il a recueilli un premier pavillon en profitant de la noblesse de son premier opposant, puis a pleinement profité du fond et de l'exceptionnelle classe d'Arlésien, qui n'a cessé de suivre sa muleta. Ce second indulto en 24 heures relance le débat entre puristes et aficionados considérant la grâce comme le Graal. Les deux toros indultés, un Jandilla et un Margé, ont été exceptionnels lors des faenas mais ont livré des tercios de piques très discrets, ce qui interroge sur le respect du règlement taurin exigeant un toro complet dans les trois tercios pour le mouchoir orange.
Les fiches des corridas
Matinale : Toros de Robert Margé. 2/3 entrée. 4e gracié : Arlésien, n°44, né en 03/2022, 465 kg, castaño. Jesus Enrique Colombo : oreille et deux oreilles symboliques. Ismaël Martin : salut et oreille. Nino Julian : vuelta et silence après avis.
Après-midi : Toros de Jandilla. Arènes quasiment pleines. 6e toro primé d'une vuelta. Cesar Rincon : oreille et deux oreilles. Sébastien Castella : salut et deux oreilles. Juan Leal : deux oreilles et deux oreilles.



