Sébastien Vaniček a tout compris à Evil Dead. Son Evil Dead Burn reprend des éléments du classique de Sam Raimi sans pour autant le copier. Il garde le meilleur de ce film d’horreur culte tout en ajoutant une touche personnelle bienvenue. Le réalisateur de Vermines a été choisi pour relancer la saga après ce premier film horrifique très réussi.
Une équipe de choc pour relancer la saga
Sam Raimi, Robert Tapert et Bruce Campbell, complices du premier volet et producteurs de celui-ci, ont placé la saga entre de bonnes mains. Celles de Sébastien Vaniček mais aussi de son coscénariste Florent Bernard. Sur une histoire assez basique – une jeune veuve jouée par Souheila Yacoub vient assister à l’enterrement de son mari et la famille de ce dernier se transforme en monstres – le duo donne un coup de jeune à la franchise.
Graphique à souhait
Evil Dead Burn n’est pas timide du point de vue des effets sanglants. Sébastien Vaniček a bien retenu la leçon donnée par Sam Raimi dans le premier volet en 1982. Ce ne sont pas forcément les blessures les plus graves qui font grincer les dents du spectateur. Ce sont celles dont il peut imaginer la douleur. Dans Evil Dead, un crayon à papier faisait des dégâts. Dans Evil Dead Burn, c’est un porte-plume et on ne peut retenir un petit rictus quand il sert d’arme à un monstre. Un lave-vaisselle et une débroussailleuse sont également détournés de leurs fonctions de façon aussi inventive que sadique.
Les monstres sont dégoulinants comme on les aime et sont fort réussis en mamy féroce et papa increvable. La mythologie d’Evil Dead avec ses incantations et son fameux « Livre des morts » est toujours présente ainsi que les travellings vertigineux. On sent que le réalisateur connaît son affaire mais qu’il ne se laisse pas intimider et qu’il ne cède à aucune facilité. Il évite les « jump scares » ce dont on lui sait gré car cela rend l’horreur viscérale des attaques encore plus organique en assurant la concentration du public. Certains effets de caméras laissent le souffle coupé.
Version originale et chansons françaises
Qui aurait pu prévoir qu’on entendrait un jour une chanson de Jacques Brel et une autre d’Alain Barrière dans un Evil Dead ? Deux titres très populaires de ces artistes français prennent une importance majeure dans les émotions que fait ressentir le film. Le réalisateur embrasse ses racines françaises ce qui donne une tonalité originale à l’ensemble. Evil Dead Burn est très gore, on l’a dit, mais le film n’est pas que cela. Sans insister, sans bavardages inutiles, Sébastien Vaniček laisse apparaître une réflexion sur le deuil, la famille et les violences conjugales. Le personnage principal en prend pour son matricule entre brutalités intrafamiliales et attaques de créatures féroces.
Un nouveau maître de l’horreur
Il est toujours difficile de réussir un deuxième film quand on a été encensé pour le premier et plus encore quand on s’est expatrié. Sébastien Vaniček a tenu toutes les promesses dont regorgeait Vermines. Il est décidément l’un des nouveaux maîtres du cinéma d’horreur.



