Un court-métrage sur le totalitarisme rattrapé par l'actualité politique internationale
Court-métrage sur le totalitarisme rattrapé par l'actualité

Un court-métrage phénomène en lice pour les plus hautes récompenses

Les cinéastes Natalie Musteata et Alexandre Singh vivent un moment particulièrement étrange. Leurs parcours artistiques, issus du monde de l'art contemporain, les ont menés à coscénariser et coréaliser Deux personnes échangeant de la salive, un court-métrage qui devient un véritable phénomène cinématographique. Cette œuvre est actuellement en lice pour les prestigieux Césars, dont la cérémonie se tiendra le 26 février, et pour les Oscars, programmés le 15 mars.

Une reconnaissance internationale exceptionnelle

Le film a déjà été récompensé par plus de vingt prix internationaux, marquant une reconnaissance rare pour un court-métrage. Parmi ces distinctions figurent le prestigieux Grand prix du jury au festival de l'American Film Institute en 2024 et le non moins important Prix du public au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. Tourné en France et en langue française, l'œuvre se distingue par son esthétique en noir et blanc stylisé, qui sert de cadre à une narration profonde et engagée.

Une fable sur les absurdités du totalitarisme

Sous ses allures de fable cinématographique, Deux personnes échangeant de la salive déploie une réflexion approfondie sur les mécanismes et les absurdités du totalitarisme. Alexandre Singh, joint par Zoom depuis l'appartement new-yorkais qu'il partage avec Natalie Musteata et leur fille de quatre ans, confie : « Nous sommes en train de vivre ce que le cinéma surréaliste de Luis Buñuel a parfaitement raconté : la vitesse à laquelle les humains s'habituent à des choses horrifiantes. On trouve toujours des raisons de détourner le regard, jusqu'à ce que le péril soit à notre porte. »

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La promotion du film rattrapée par l'actualité mondiale

La promotion de leur travail est aujourd'hui rattrapée par l'actualité politique internationale, donnant une résonance particulière et inattendue à leur création. Natalie Musteata, quant à elle, évoque la normalisation inquiétante de la violence dans nos sociétés contemporaines. Elle pointe du doigt ces fils Instagram où « un article décrivant les exactions d'un État contre son peuple succède à une publicité pour une montre ou une robe », illustrant ainsi la banalisation du choc des images et des informations.

Une critique fondamentale du système capitaliste

La réalisatrice développe également une idée fondatrice de leur démarche artistique : « Il y a quelque chose d'essentiellement brutal dans le capitalisme. » Cette affirmation souligne la dimension politique et sociale de leur œuvre, qui dépasse la simple critique des régimes totalitaires pour interroger les structures économiques dominantes. Le film, par son sujet et son traitement, invite ainsi à une réflexion urgente sur notre capacité collective à regarder en face les horreurs du monde et les violences systémiques.

Lors d'une avant-première organisée à New York en septembre 2025, les deux cinéastes ont pu présenter leur travail à un public international, anticipant déjà les discussions et les débats que provoquerait leur court-métrage. Alors que les cérémonies des Césars et des Oscars approchent, Deux personnes échangeant de la salive se positionne non seulement comme un favori des récompenses, mais aussi comme une œuvre cinématographique essentielle pour comprendre les défis politiques et éthiques de notre époque.

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