Alors que la Coupe du monde de football bat son plein, une question se pose : comment les joueurs tricheurs étaient-ils punis avant l'invention du carton rouge et de la VAR ? Une plongée dans l'histoire du football révèle des pratiques étonnamment sévères, parfois dignes du Moyen Âge.
Les origines médiévales du football
Le football, sous sa forme primitive, remonte au Moyen Âge, où il était pratiqué dans les rues et les places des villages anglais. Les règles étaient floues et la violence souvent au rendez-vous. Selon l'historien du sport John Foot, auteur de Calcio: A History of Italian Football, les premières tentatives de régulation du jeu datent du XIVe siècle. Les matchs étaient alors si brutaux que les autorités locales intervenaient régulièrement.
À cette époque, la triche n'était pas seulement une faute sportive, mais un acte moralement répréhensible. Les sanctions pouvaient aller de l'amende à l'exclusion du village. Dans certains cas, les tricheurs étaient même contraints de porter un symbole de honte, comme un bonnet d'âne, lors des matchs suivants.
Des châtiments corporels pour les fraudeurs
Au XVIe siècle, en Italie, le calcio storico (ancêtre du football) était un mélange de rugby, de football et de lutte. Les tricheurs y étaient punis par des coups de bâton administrés par les arbitres. Un document d'archives de 1580, conservé à Florence, mentionne qu'un joueur surpris à faire une passe délibérée à un adversaire pour truquer le score était fouetté publiquement.
En France, sous le règne de Louis XI, une ordonnance royale de 1472 interdisait le football dans les rues de Paris, mais le jeu persistait dans les campagnes. Les tricheurs y étaient parfois attachés à un poteau pendant la durée du match, sous les quolibets de la foule.
L'émergence des règles modernes
Ce n'est qu'au XIXe siècle, avec la codification du football par la Football Association (FA) en 1863, que les sanctions se sont normalisées. Le carton jaune et le carton rouge ont été introduits bien plus tard, lors de la Coupe du monde 1970. Aujourd'hui, la VAR (assistance vidéo à l'arbitrage) permet de détecter les tricheries les plus subtiles, comme les simulations ou les mains volontaires.
Mais selon un sondage YouGov réalisé en 2022, 68 % des fans de football estiment que les sanctions actuelles ne sont pas assez dissuasives. « Les joueurs continuent de tricher parce que les risques sont faibles », déclare l'ancien arbitre international Michel Vautrot dans une interview au Point. « Autrefois, la peur du châtiment corporel était un frein efficace. »
L'héritage des punitions médiévales
Si les châtiments corporels ont disparu, leur souvenir persiste dans l'imaginaire collectif. Certains clubs, comme le FC Barcelone, ont même utilisé des méthodes inspirées du Moyen Âge pour punir les tricheurs lors d'entraînements : tours de terrain supplémentaires ou corvées de nettoyage. Rien de comparable toutefois avec les punitions d'antan, qui pouvaient aller jusqu'à l'excommunication pour les joueurs pris en flagrant délit de triche lors de matchs organisés par l'Église.
En conclusion, l'histoire des sanctions contre la triche au football est un miroir des évolutions sociales. De la punition corporelle à la VAR, le chemin parcouru est immense, mais la quête d'équité sportive reste la même.



