Cinéma fantastique arabe : Cinemed met Montpellier en émoi
Cinéma fantastique arabe : Cinemed à Montpellier

Le Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinemed) consacre, ce mardi 20 octobre, une table ronde au cinéma fantastique arabe, avec des classiques et des œuvres récentes. L'événement, organisé en partenariat avec le Maskoon Fantastic Film Festival, met en lumière un genre qui puise dans les codes universels pour aborder des réalités complexes.

Un panorama du genre, des classiques aux nouvelles générations

Le cinéma de genre repose sur des codes et motifs facilement identifiables, ce qui en fait un langage populaire universel. Il autorise une liberté dans la forme, le fond et le ton, permettant d'évoquer des sujets profonds. Le festival propose ainsi un panorama allant des classiques fondateurs aux œuvres de jeunes réalisateurs imprégnés de pop culture mondiale.

Antoine Waked, directeur artistique du Maskoon Fantastic Film Festival, souligne dans le catalogue officiel du 48e Cinemed : « Horreur, science-fiction, film noir, fantastique et surnaturel deviennent ici autant de moyens de faire surgir les traumatismes enfouis, les fractures sociales, la violence d'Etat, le poids du patriarcat ou les fantômes d'une histoire qui refusent de disparaître. »

Des œuvres marquantes, de l'Égypte à la Palestine

Parmi les classiques, le festival présente Papa Amine (1950), premier long métrage du cinéaste égyptien Youssef Chahine, un film musical de fantôme, ainsi que Fangs (1981) de Mohammed Shebl, réinterprétation de Rocky Horror Picture Show. Côté contemporain, Parfumé à la menthe (2024) de Muhammad Hamdy suit un médecin et son ami dans un Caire post-catastrophe, frappé par une maladie étrange.

La Tunisie est représentée par Dachra (2018) d'Abdelhamid Bouchnak, un film d'horreur inspiré des traditions animistes, et Black Medusa (2021) des frères Chebbi, qui suit une jeune femme justicière. L'Algérie brigue les Oscars 2027 avec Roqia (2025) de Yanis Koussim, où un exorciste affronte des forces occultes. Le Maroc est présent avec Achoura (2018) de Talal Selhami, prix du jury à Sitges. Enfin, A House in Jerusalem (2022) du Palestinien Muayad Alayan évoque une maison hantée par une fillette séparée des siens depuis 1948.

Une rencontre pour échanger sur ce cinéma indocile

Antoine Waked conclut : « Réunis, ces films dessinent un cinéma arabe indocile et profondément imaginatif qui convoque monstres, fantômes, tueurs, dystopies et phénomènes surnaturels pour parler de réalités parfois trop complexes ou trop absurdes pour être contenues par le seul réalisme. »

La rencontre autour du cinéma fantastique arabe se tient ce mardi à 11 h à l'auditorium du musée Fabre. Le festival se poursuit toute la semaine, avec des séances à ne pas manquer.