Le film « Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé » de Bogdan Mureșanu plonge le spectateur dans les derniers jours du régime de Nicolae Ceaușescu, à Bucarest, en décembre 1989. Entre espoir et peur, les personnages ordinaires tentent de survivre dans une société où l'absurdité du système devient le quotidien. Le long-métrage, diffusé ce mercredi 29 juillet 2025 à 20h50 sur Ciné+ Festival (et disponible à la demande sur myCANAL), mêle humour grinçant et émotion pour raconter cette période charnière.
Un ouvrier paniqué par la lettre de son fils
Parmi les intrigues, un ouvrier apprend que son fils a écrit une lettre au père Noël dans laquelle l'enfant traite Ceaușescu de « vieux salopard », reprenant les mots de son père. Craignant les représailles du régime, l'homme sombre dans la panique. Cette scène illustre la paranoïa ambiante et la répression qui frappaient même les propos tenus dans l'intimité familiale.
Une actrice forcée à tourner un film de propagande
Parallèlement, une actrice en vogue est contrainte d'enregistrer un film de propagande. Son désarroi face à cette obligation met en lumière le contrôle total du régime sur la culture et l'art, et les dilemmes moraux des artistes. La mère d'un apparatchik, quant à elle, doit quitter sa maison pour satisfaire aux projets de réfection immobilière de Ceaușescu, symbole de la mégalomanie du dictateur.
Une « contre-tragédie » pleine d'humour et de vigueur
Le critique Guillaume Loison, dans sa chronique pour TéléObs, souligne la force du film : utiliser ce mélange de colère et d'innocence au service d'une « contre-tragédie » pleine d'humour et de vigueur. Le réalisateur Bogdan Mureșanu parvient à faire rire et émouvoir, tout en dépeignant avec justesse l'atmosphère d'un régime moribond. Le film est décrit comme une version inversée de « La vie est belle » de Frank Capra : ici, les Roumains croient vivre dans un enfer durable, et même si les jours du diable sont comptés, il se cache encore dans les détails du quotidien.
Un casting remarquable
Le long-métrage met en scène Adrian Văncică, Nicoleta Hâncu et Emilia Dobrin. Avec ses 2h18, le film offre une immersion totale dans cette période de transition, mêlant destins individuels et histoire collective. Disponible à la demande sur myCANAL, il permet de redécouvrir un épisode méconnu de la chute du bloc de l'Est, traité avec une originalité narrative.
Diffusion et accès
« Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé » (titre original : « Anul nou care n-a fost ») sera diffusé ce mercredi à 20h50 sur Ciné+ Festival. Il est également accessible en streaming sur myCANAL. Une occasion de (re)découvrir ce drame comique qui capture l'essence des derniers jours de Ceaușescu, entre espoir et absurdité.



