Carmen Maura incarne une veuve tangerine dans "Rue Malaga" de Maryam Touzani
Carmen Maura dans "Rue Malaga" : portrait d'une vieille femme

Carmen Maura illumine l'écran dans "Rue Malaga", le nouveau film de Maryam Touzani

Dans une cuisine modeste de Tanger, une vieille femme prépare un repas au son de Toda una vida, interprétée par Maria Dolores Pradera. Cette mélodie nostalgique accompagne le bilan d'une longue existence, marquée par l'exil et la solitude. Maria Angeles, interprétée avec une chaleur remarquable par Carmen Maura, est une veuve de 79 ans qui a passé toute sa vie au sein de la communauté espagnole du Maroc.

Un univers qui s'effondre

Le quotidien paisible de Maria Angeles bascule brutalement lorsque sa fille, Clara, incarnée par Marta Etura, lui annonce son intention de vendre l'appartement familial. En plein divorce, Clara prend cette décision qui bouleverse les dernières années de sa mère. La presque octogénaire se retrouve alors confrontée à une question existentielle : à quoi vont ressembler les années qu'il lui reste à vivre ?

Une place lui est réservée à l'hospice des anciens Espagnols de Tanger, mais Maria Angeles ne peut se résoudre à y demeurer. Avec une détermination silencieuse, elle retourne en cachette dans son foyer, attendant l'inéluctable vente qui menace son dernier refuge.

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Le cinéma s'empare des femmes du grand âge

À l'instar du remarquable À feu doux de Sarah Friedland, sorti à l'été 2025, le cinéma contemporain offre de plus en plus de représentations riches et complexes des femmes âgées. Cette évolution artistique accompagne les transformations profondes de nos sociétés face au vieillissement démographique.

Pour Rue Malaga, son troisième long-métrage après Adam (2020) et Le Bleu du caftan (2023), la réalisatrice marocaine Maryam Touzani a puisé dans son histoire personnelle. Elle s'est inspirée de sa propre mère, récemment disparue, et de sa grand-mère pour écrire ce portrait empreint de tendresse et d'humanité.

La renaissance d'une icône

La grande Carmen Maura, ancienne égérie de la période la plus déjantée du cinéma de Pedro Almodóvar, apporte à son personnage une vitalité contagieuse. Avec ses tenues fleuries aux couleurs éclatantes et son espièglerie malicieuse, Maria Angeles incarne une joie de vivre résiliente. Le personnage s'ancre résolument du côté de la vie, refusant de se laisser définir par son âge ou ses circonstances.

La performance de Maura transcende le simple rôle pour devenir une véritable célébration de la résistance féminine face aux bouleversements de l'existence. Le film de Touzani s'inscrit ainsi dans une lignée cinématographique qui redonne voix et visibilité à celles que l'on entend trop rarement.

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