Dans le cinquième épisode de la série « Balle au pied », Anna Topaloff raconte comment le but d'Emil Kostadinov contre l'équipe de France en 1993 a changé son quotidien au collège. Ce match décisif des éliminatoires de la Coupe du Monde 1994 a privé les Bleus de qualification, et a fait rejaillir les origines bulgares de notre collègue.
Un but qui change tout
« Nous sommes en 1993 et tout le monde ne parle que des matchs de "qualif" pour la Coupe du Monde 1994. Je suis en troisième dans un collège de la banlieue parisienne, où bon nombre d'élèves ont des origines étrangères. Alors, dans la cour, ça charrie sec, avec une bonne dose de clichés – entre "fiers Algériens" et "Lions de la Terranga" », témoigne-t-elle.
Son patronyme, Topaloff, d'origine bulgare, n'évoquait alors pas grand-chose à ses camarades. « La petite république est à peine sortie de l'Union soviétique, et son nom même ne dit rien à personne. Par défaut, on m'appelle "la Russkov", plus pour la rime j'imagine, que par référence aux récents soubresauts », explique-t-elle.
Le surnom qui colle à la peau
Mais après le but de Kostadinov, qui a offert la victoire à la Bulgarie (2-1) et éliminé la France, tout change. « Après le but de Kostadinov contre les Bleus, on m'a appelée "la Bulgare" jusqu'à la fin de l'année scolaire », confie Anna Topaloff. Ce surnom, teinté de moquerie, a marqué son rapport au football, un sport avec lequel elle avait jusque-là un lien distant.
Cet épisode illustre comment un événement sportif peut avoir des répercussions personnelles et sociales, en ravivant des origines parfois ignorées. La série « Balle au pied » explore ces liens entre football et identité, à travers des témoignages intimes.



