Avant les projecteurs de Drag Race France sur France 2, avant les perruques XXL, les lèvres glossy et les silhouettes sculptées, il y avait Nice. C'est ici qu'Azemylia, 27 ans, a appris à devenir reine. La candidate de la quatrième saison de l'émission est née à Calais, mais c'est sur la Côte d'Azur qu'elle s'est inventé un personnage.
« Nice est officiellement ma deuxième maison », sourit-elle. Arrivée à 18 ans, elle y est restée plusieurs années avant de rejoindre Paris. Elle n'était plus revenue dans la capitale azuréenne depuis novembre dernier. « Je retrouve mes amis, mon chéri, un contexte un peu familial… Ça me fait trop plaisir », explique la queen, qui, il y a quelques jours, participait à une viewing party de Drag Race France au Mama Shelter de Nice.
De la danse à la révélation drag
Difficile de ne pas sentir une pointe d'émotion lorsqu'Azemylia évoque cette ville où tout a commencé. Car avant son personnage, il y avait un danseur qui avait raccroché les chaussons, sans parvenir à renoncer complètement à la scène. « J'avais arrêté la danse mais j'avais envie de retrouver ce frisson. J'ai toujours été attirée par le maquillage, la mode et la performance. »
Le déclic arrive juste avant le Covid. Son compagnon lui fait découvrir RuPaul's Drag Race sur Netflix. Quelques épisodes plus tard, la décision est prise. « Je me suis dit : allez, c'est pour moi, il faut que je teste. » À ses débuts, son drag repose presque exclusivement sur la danse. Puis Nice lui ouvre d'autres portes. Les rencontres avec des figures locales comme Holly White – également au casting de l'émission cette année –, Ginger Bitch, Lady Miss Tik ou Miss Jean-Pierre lui permettent de découvrir ce qu'elle appelle « l'essence même du drag ». Le maquillage s'affine, les costumes gagnent en sophistication, le personnage prend forme.
« J'ai enfin compris l'atmosphère du vrai drag. J'ai pu développer mes techniques et surtout créer un personnage qui me ressemble », indique celle qui s'est produite dans plusieurs clubs niçois et au Queernaval 2024.
Kim Kardashian, « la plus belle femme au monde »
Ce personnage, justement, est à son image : exubérant, drôle et assumé. « Une performeuse, une petite chipie et une fille superficielle », résume-t-elle en revendiquant ses inspirations : Kim Kardashian, « la plus belle femme au monde », les pop stars des années 2000 et l'esthétique des Bratz. Un univers glamour qu'elle détourne avec humour et autodérision.
Il y a un an et demi, Azemylia fait ses valises. « Mon petit sac à dos, mes perruques et mes pinceaux », direction Paris. La capitale change la donne. La concurrence est féroce, le public plus vaste, les attentes plus élevées. « Ça m'a obligée à faire de mon mieux. » Une nouvelle étape qui la conduit jusqu'au casting de Drag Race France. Entrer dans l'atelier de l'émission reste le moment le plus fort de son aventure.
« Tu vois les tables roses, les portraits de Nicky Doll… Puis tu te regardes dans le miroir et tu réalises que tu es vraiment dans Drag Race France. » Le rêve devient tangible.
Des retrouvailles avec Holly White à Paris
Autre surprise de cette saison : retrouver Holly White parmi les candidates. La drag cannoise est l'une des premières artistes qu'Azemylia ait vues sur scène à Nice. Les deux reines ignoraient qu'elles participeraient ensemble à l'émission. « Ça nous a donné un repère. Aujourd'hui, c'est pour la vie », glisse-t-elle en croisant les doigts.
Depuis la diffusion de l'émission, elle sent surtout un changement intérieur. « Ça m'a donné encore plus confiance en moi. Je me sens complètement légitime d'être à la place où je suis aujourd'hui. »
Mais derrière les strass, elle tient aussi à rappeler une évidence. Drag Race est une compétition, certes, mais avant tout un divertissement. « Envoyez de l'amour. Arrêtez d'être trop dans le jugement. Soutenez aussi les drags locales, parce qu'il n'y a pas que Drag Race. »
Diffusion : Drag Race France tous les jeudis dès 19h sur france.tv et à 23h25 sur France 2.



