Le dimanche 12 juillet 2026, avant la dernière représentation de « Maldoror » dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, des artistes réunis au Festival d'Avignon ont lu une lettre adressée au président Emmanuel Macron. Parmi les signataires figuraient Julien Gosselin, Rébecca Chaillon, Julie Deliquet, Phia Ménard, Stéphane Braunschweig et Baptiste Amann. Cette action intervient dans un contexte de mobilisation contre les coupes drastiques annoncées dans le budget de la culture.
Un appel solennel depuis la Cour d'honneur
La lettre, lue par plusieurs voix, a été saluée par une ovation debout du public. Les artistes y dénoncent une « offensive réactionnaire » et une « fragmentation du débat public ». Ils affirment qu'« affaiblir le service public de l'art et de la culture serait une erreur historique ». Selon eux, les coupes budgétaires à répétition « obligent à crier, tant il y a urgence ».
Des chiffres alarmants
La lettre rappelle que la culture ne représente plus que 0,7 % du budget de l'État, soit 14 euros par habitant et par an. Les artistes jugent « dérisoires » les économies réalisées, qui menacent de défaire « des décennies de politique culturelle ». Ils pointent les conséquences : spectacles déprogrammés, saisons amputées, équipes précarisées et lieux contraints de renoncer à leurs missions.
Un appel à l'action présidentielle
Les artistes interpellent directement Emmanuel Macron : « Est-ce ce paysage de ruines que vous voulez laisser derrière vous ? » Ils rappellent que le président arrive au terme de ses deux mandats et qu'il avait su, lors de la crise sanitaire, « empêcher le naufrage du monde de la culture » avec l'année blanche. Ils lui demandent d'« aller au bout de ce geste ».
Trois demandes précises
La lettre formule trois exigences : annuler immédiatement les nouvelles coupes budgétaires, ouvrir un débat national sur l'avenir du service public de l'art et de la culture, et porter progressivement les moyens qui lui sont consacrés à au moins 1 % du budget de l'État. Les artistes estiment que ces mesures permettraient aux équipes de retrouver leur indépendance de création et de garantir un égal accès à l'art sur tout le territoire.
Un enjeu républicain
Pour les signataires, « ce qui est en jeu n'est pas seulement l'avenir d'une profession mais celui d'une certaine idée de la République ». Ils concluent : « Vous en avez le pouvoir, il ne tient qu'à vous. » Cette action s'inscrit dans un mouvement plus large de contestation, avec des tracts distribués dans les rues et une pétition, en amont du rassemblement prévu le lundi 13 juillet place du Palais-des-Papes.



