Le Festival d'Aix-en-Provence a offert une production d'exception de « La Femme sans ombre » de Richard Strauss, qui a reçu une ovation debout de la part du public, le 3 juillet 2026. Cette œuvre complexe, rarement montée en raison de ses exigences musicales et scéniques, a été portée par une distribution vocale de premier plan et une mise en scène inventive.
Une distribution exceptionnelle
La soprano Asmik Grigorian a incarné l'Impératrice avec une intensité dramatique rare, tandis que le ténor Andreas Schager a prêté sa voix puissante à l'Empereur. La mezzo-soprano Tanja Ariane Baumgartner a été saluée pour son interprétation de la Nourrice, un rôle clé de l'opéra. Selon le critique du Monde, Marie-Aude Roux, « la direction d'acteurs et la qualité vocale ont atteint des sommets ». Le chef d'orchestre Sir Simon Rattle a dirigé l'Orchestre de Paris avec une maîtrise remarquable, mettant en valeur la richesse symphonique de la partition.
Une mise en scène audacieuse
La mise en scène de Romeo Castellucci a divisé, mais a été globalement saluée pour sa puissance visuelle. Castellucci a transposé l'action dans un univers onirique, mêlant images fortes et symbolisme. Le public a réagi par une ovation debout de plusieurs minutes, un hommage inhabituel pour une œuvre aussi exigeante. Le festival a attiré plus de 10 000 spectateurs sur l'ensemble de ses représentations, selon les organisateurs.
Un contexte de renaissance pour l'opéra
Cette production s'inscrit dans la volonté du Festival d'Aix-en-Provence de renouveler le répertoire lyrique. « La Femme sans ombre » de Strauss, créée en 1919, est une allégorie sur la quête d'humanité et de fertilité. Sa rareté sur les scènes en fait un événement. Le succès de cette édition confirme la place d'Aix comme l'un des festivals d'opéra les plus innovants d'Europe.



