Juliette Brocal et Blanche Sabbah : un vent de fraîcheur féministe sur la fantasy en bande dessinée
Juliette Brocal et Blanche Sabbah, deux autrices de bande dessinée, réinventent la fantasy en y insufflant un regard féministe. Leur travail apporte un nouveau souffle au genre, comme en témoignent leurs dernières œuvres.
Iodis et Kin d’Ebénite : des héroïnes rebelles
Dans « La Langue des vipères » (éd. Rue de Sèvres, 224 p., 28 euros), Juliette Brocal met en scène Iodis, une jeune femme au tempérament de feu. Élevée dans une abbaye, elle aspire à échapper à la vie monastique en devenant doctorante. Mais elle doit maîtriser la « langue », une magie liturgique qu'elle a du mal à apprivoiser : « J’arrive pas à me concentrer, j’arrive pas à m’appliquer ! » s’emporte-t-elle.
De son côté, Blanche Sabbah introduit Kin d’Ebénite dans « La Cité des dames » (tome 1 : le Se…), une riche héritière promise à un homme de haut rang. Lors d’une soirée à la cour, elle ironise : « Quand [vous aurez] décidé de mon destin, n’hésitez pas à me le faire savoir. »
Une esthétique inspirée du Quattrocento
L’album de Juliette Brocal se distingue par son esthétique sublime, imprégnée d’iconographie religieuse et de peintures du Quattrocento. La rivalité entre deux étudiantes est au cœur de cette BD, qui mêle magie et émancipation.
Blanche Sabbah, quant à elle, explore les thèmes de la liberté et du choix dans un univers fantasy où les femmes refusent les destins tout tracés.
Ces deux autrices, qui partagent un atelier à Paris, incarnent une nouvelle génération de bédéastes qui réinventent les codes du genre. Leur travail, salué par la critique, offre une vision moderne et engagée de la fantasy.
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