Le Festival d'Aix-en-Provence a dévoilé une nouvelle production de La Flûte enchantée de Mozart, mise en scène par Clément Cogitore. Le spectacle, présenté le 3 juillet 2026, se distingue par une profusion d'images vidéo qui envahissent la scène, créant un univers visuel dense et parfois confus. Cogitore, connu pour son travail mêlant cinéma et théâtre, propose une lecture contemporaine de l'opéra, mais certains critiques jugent que la surcharge d'images nuit à la clarté narrative.
Une mise en scène saturée de références visuelles
Clément Cogitore a conçu une scénographie où écrans et projections se multiplient, projetant des images d'archives, des animations numériques et des extraits de films. Cette approche vise à refléter le chaos du monde moderne, mais elle a parfois pour effet de noyer les chanteurs et l'orchestre. Le chef d'orchestre, Raphaël Pichon, dirige l'Ensemble Pygmalion avec une précision remarquable, mais la musique semble parfois reléguée au second plan face à l'explosion visuelle.
Un pari risqué qui divise la critique
Les réactions sont partagées. Selon Le Monde, "Cogitore surcharge d'images sa Flûte enchantée, au risque de perdre le spectateur". D'autres médias saluent l'audace de la proposition, y voyant une tentative de renouveler l'opéra pour un public contemporain. Le metteur en scène lui-même explique : "Je voulais créer un choc visuel qui dialogue avec la musique de Mozart, pour interroger notre rapport aux images aujourd'hui."
Un spectacle qui interroge notre ère numérique
La production de Cogitore s'inscrit dans une tendance récente à intégrer massivement le numérique dans l'opéra. À Aix, cette démarche atteint son paroxysme, avec plus de 90 minutes de vidéo projetée. Les costumes, signés par la créatrice de mode Iris van Herpen, ajoutent une dimension futuriste. Cependant, certains spectateurs regrettent que la dimension initiatique de l'œuvre de Mozart soit occultée par le déluge d'images.
Une Flûte enchantée entre tradition et modernité
Malgré les controverses, la production affiche complet pour ses six représentations. Les chanteurs, dont la soprano Sabine Devieilhe dans le rôle de la Reine de la Nuit, offrent des performances vocales de haut niveau. Le Festival d'Aix-en-Provence, qui se tient jusqu'au 25 juillet, mise sur cette audace pour attirer un public jeune et diversifié. Reste à savoir si cette Flûte enchantée surchargée d'images marquera les esprits ou passera pour une expérience visuelle trop brouillonne.



