Angoulême choisit un nouveau projet pour relancer son festival de BD après la crise
Angoulême : nouveau projet pour relancer le festival de BD

Angoulême tourne la page avec un nouveau projet pour son festival de bande dessinée

L'Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA) a pris une décision cruciale ce mardi en retenant un nouveau projet pour organiser un événement à partir de 2027. Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, après l'annulation sans précédent du Festival international de la bande dessinée (FIBD) en 2026, marquant une première hors période de pandémie.

Un projet porté par des professionnelles expérimentées

Le projet sélectionné est mené par Marie Parisot et Céline Bagot, deux professionnelles adossées au groupe Morgane, déjà bien implanté dans le paysage culturel français grâce à son implication dans les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges. L'ADBDA a particulièrement salué cette proposition, estimant qu'elle « répond aux attentes de l'ensemble de la filière en termes d'exigence artistique et de diversité des esthétiques ».

L'association a également mis en avant que ce projet « confirme la place centrale des autrices et auteurs » dans la nouvelle dynamique envisagée. Cette orientation semble vouloir tourner la page des tensions qui ont marqué les dernières éditions du festival historique.

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Une transition contestée devant les tribunaux

La décision de l'ADBDA n'est pourtant pas acceptée par tous. Quatre candidatures étaient initialement en compétition, dont celle du groupe Côte Ouest, mais c'est le choix de se détourner de l'organisateur historique 9e Art + qui cristallise les tensions. Cet acteur, vivement critiqué par de nombreux auteurs pour sa gestion du festival ces dernières années, conteste fermement son éviction.

La société 9e Art + et l'association FIBD ont saisi la justice, dénonçant ce qu'elles qualifient d'« appropriation brutale » de l'événement et évoquant une « tentative de spoliation ». Leur action en justice vise principalement à faire annuler l'appel à projets et à empêcher la tenue d'un événement concurrent qui pourrait, selon elles, compromettre définitivement l'avenir du FIBD.

Un enjeu économique et culturel considérable

Une audience est d'ores et déjà prévue le 20 mai à Angoulême pour examiner ces recours. Les requérantes estiment que la situation actuelle « met en péril la tenue du FIBD en 2027 », tout en se déclarant « ouvertes à une solution négociée » pour sortir de cette crise de gouvernance qui dure depuis plusieurs années.

Le festival, habituellement fréquenté par près de 200.000 visiteurs, représente un enjeu économique majeur pour la ville d'Angoulême et pour l'ensemble du secteur culturel de la bande dessinée. Sa fragilisation progressive, marquée par des polémiques en 2025, un appel au boycott et le retrait de partenaires publics et privés, a conduit à son annulation en 2026, créant un vide dans le paysage culturel français et international.

La décision de l'ADBDA représente donc un tournant décisif dans l'histoire mouvementée de ce festival emblématique, avec l'espoir de redonner une stabilité et un nouvel élan à cet événement qui a longtemps été considéré comme l'un des principaux rendez-vous mondiaux de la bande dessinée.

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