Tom Baldetti : de la Sardine aux salles combles, son parcours à Carqueiranne
Tom Baldetti : de la Sardine aux salles combles, son parcours

Tom Baldetti, humoriste star d'Instagram avec plus d'un million d'abonnés, était sur la scène de Clair Val à Carqueiranne le 30 juillet dernier. Il y a présenté son spectacle « Tome 1 », avant de revenir dans la région cet automne. Dans une interview accordée à Var-matin, il revient sur son parcours, ses débuts difficiles, son personnage culte de la Sardine, et son ambition : la scène, pas les réseaux sociaux.

Un spectacle très personnel

Dans « Tome 1 », Tom Baldetti raconte son histoire, du haut de ses 27 ans. Il évoque son enfance dans la campagne du Sud-Ouest, sa grand-mère soixante-huitarde qui cultivait du cannabis, ou encore sa mère capable de bousculer un dealer au Costa Rica. « J'ai l'âge que mes parents avaient quand ils m'ont eu. Ça amène beaucoup de réflexions », confie l'humoriste. Un spectacle ciselé, entre vannes et autodérision, fruit d'un travail acharné.

Derrière son allure nonchalante, Tom Baldetti est un vrai bosseur. « Il n'y a pas de recette miracle, à part l'abnégation et l'acharnement quotidien. Pendant mes cinq premières années à Paris, il n'y avait pas un soir où je n'étais pas sur scène. Je ne partais pas en vacances, rien. Sans ce travail quotidien, c'est impossible », assure-t-il. Une réalité à mille lieues de l'image qu'il cultive. « Ça me plaît beaucoup d'avoir cette dégaine de branleur qui se lève tôt. J'ai ce côté nonchalant, mais bosseur. J'ai fait plein de métiers très intenses et pénibles, comme éboueur, j'en ai gardé cette rigueur. »

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Le rugby, une passion fondatrice

Avant de monter sur scène, Tom Baldetti a été mascotte du club de rugby de Colomiers. « Le rugby, c'est 14 ans de ma vie. À mon arrivée à Paris, une partie de moi était dans le déni. J'estimais que c'était du passé. Mais pas du tout. J'ai toujours été remplaçant au rugby. Et là, je me dis : “Dans cette nouvelle vie, tu seras titulaire.” Voilà ce que je suis : un gars du Sud-Ouest qui a fait du rugby, même si aujourd'hui j'ai aussi un côté bobo parisien qui boit du matcha. » Cette dichotomie se retrouve sur scène, où il aborde aussi bien la santé mentale que les verres de pastis ou l'étrange passion des rugbymen pour casser des glaçons avec leur front.

Son premier spectacle, il l'a longtemps mûri. Enfant des comedy clubs, il a cherché le bon ton et un équilibre entre les émotions, plutôt qu'un simple empilement de vannes. Un travail mené avec la metteuse en scène Marion Mezadorian. « Elle m'a poussé à approfondir certains sujets. Elle m'a aussi appris que les silences pouvaient être aussi puissants que les rires. »

La Sardine, un tremplin vers la scène

Si Tom Baldetti remplit aujourd'hui les salles, il le doit en grande partie à son personnage de la Sardine et à son accent marseillais. « J'ai toujours fait des vidéos. À une époque, j'en postais trois par semaine. Et un jour, je n'ai plus d'idée. Ce personnage, je le faisais pour les potes. C'est Yassir, mon meilleur ami – et aujourd'hui ma première partie –, qui m'a dit de le faire sur les réseaux. Et derrière, ça a explosé. »

Aujourd'hui, il compte plus d'un million d'abonnés sur Instagram. Lorsqu'il demande à son public comment il l'a découvert, près de 80 % répondent : grâce aux réseaux sociaux. Sur scène, il a volontairement laissé la Sardine à la porte de son spectacle. « Tout ce que je fais à côté, c'est pour remplir mes salles. Je ne veux pas être influenceur », souffle-t-il.

Une visibilité qui ouvre des portes

Cette visibilité lui a néanmoins ouvert de nombreuses portes. Il a notamment remis un prix lors de la dernière Nuit du rugby — « avec un flop monumental », raconte-t-il en riant sur scène — et participé au Crunch Creator, disputé devant plus de 40 000 spectateurs à Bordeaux. « C'est le plus beau moment de ma vie. C'était un rêve de gosse. » Aujourd'hui, les réseaux ne sont plus une finalité, seulement une porte d'entrée vers ce qui reste son terrain de jeu favori : la scène.

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Fenêtre sur rue, un nouveau format

Au début de l'été, Tom Baldetti a lancé « Fenêtre sur rue », une mini-série sur les réseaux sociaux qui a déjà dépassé les 50 millions de vues. Il y partage l'affiche avec son compère Léandre. La fiction met en scène deux voisins qui discutent d'un balcon à l'autre, filmés en plan fixe. Un format qui mêle humour et émotion. « On a pris beaucoup de plaisir à l'écrire. Ça a été assez fluide. C'est un projet qu'on avait en tête depuis un moment. »

L'occasion de découvrir un autre visage de l'humoriste, davantage tourné vers le jeu d'acteur. « J'y prends beaucoup de plaisir. Je ne sais pas si je le fais bien, mais j'adore. Je commence à passer des castings. C'est vraiment mon prochain objectif. Même si c'est très dur, ça m'excite de découvrir un nouveau milieu. » Le succès de « Fenêtre sur rue » a séduit France Télévisions, qui devrait commander une deuxième saison. De quoi confirmer que Tom Baldetti ne compte plus se limiter aux seuls plateaux de stand-up.

Dates de tournée

Tom Baldetti sera en tournée avec « Tome 1 ». Il se produira le 14 novembre à l'Espace culturel André Malraux à Six-Fours (25 euros) et le 5 décembre au Palais de la Méditerranée à Nice (49,35 euros).