Musique aborigène : Sébastien Belin fait résonner le Yidaki à Lodève
Musique aborigène : Sébastien Belin fait résonner le Yidaki

Le jeudi 13 août, dans la cour intérieure du musée de Lodève, le musicien Sébastien Belin a fait découvrir au public le didjeridoo, instrument emblématique de la culture aborigène australienne, lors d'une présentation de 30 minutes. Cette animation s'inscrivait dans le cadre de l'exposition temporaire consacrée à la culture aborigène d'Australie, où le musée a souhaité dépasser la simple contemplation des œuvres pour faire entendre une autre dimension : la musique et la parole.

Pendant plusieurs semaines, des rencontres et interventions ont permis aux visiteurs de découvrir les traditions, récits et instruments associés à cette culture. Sébastien Belin, spécialisé dans les instruments traditionnels du monde, a proposé une immersion au son du Yidaki, nom traditionnel du didjeridoo dans le nord de l'Australie. « Je suis passionné par les instruments traditionnels du monde entier. J'ai rencontré cet instrument il y a une trentaine d'années, à une époque où il était encore très peu connu. J'ai été fasciné par sa sonorité », a-t-il confié.

Un instrument né de la nature

Le Yidaki, originaire du nord de l'Australie, est intimement lié à son environnement. Sa fabrication traditionnelle repose sur une création de la nature : fait de bois d'eucalyptus, les termites creusent naturellement le cœur des branches mortes, créant ainsi un tube parfaitement adapté à la production sonore. « Il est fabriqué naturellement. Pendant des dizaines de milliers d'années, il suffisait de repérer les branches creuses, de les nettoyer et de les préparer », a expliqué le musicien.

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Au fil du temps, l'instrument a voyagé bien au-delà de son territoire d'origine. S'il conserve généralement sa forme traditionnelle, on en trouve aujourd'hui fabriqués dans de nombreux matériaux et sous des formes variées.

Le souffle comme langage

La découverte du didjeridoo passe surtout par l'écoute. Sébastien a montré comment la respiration circulaire permet de produire un son en continu : inspirer par le nez tout en maintenant l'air qui circule dans l'instrument. « C'est assez ingénieux : on est passé d'un souffle qui s'arrête à un souffle continu », a-t-il souligné.

Les vibrations produites peuvent ensuite évoquer des animaux, des cris, des mouvements ou des scènes de la vie quotidienne. Dans la tradition aborigène, ces sons ne sont pas de simples effets musicaux. Ils peuvent accompagner des rituels et cérémonies. « Pendant les rituels, cela peut symboliser la connexion aux esprits de la nature, mais aussi les histoires de chasse et l'éducation des jeunes. Chaque animal peut avoir des sons spécifiques et des histoires qui sont racontées par cet instrument », a ajouté Sébastien Belin.

Entre démonstrations, récits et participation du public, la rencontre a ainsi transformé l'exposition en une expérience sensorielle, offrant aux visiteurs une compréhension plus profonde de la culture aborigène.

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