Le collectif Protocole investit le jardin du musée PAB
Le samedi 12 juin 2026, de 13 heures à 22 heures 30, le collectif Protocole s'installe dans le parc du musée Pierre-André-Benoit (PAB) à Alès, dans le cadre du festival circassien inCIRCus. Pendant dix heures, jongleurs, circassiens et artistes plasticiens transforment cet espace en un terrain d'expérimentation vivante, où artistes et spectateurs partagent une expérience immersive et collective.
Un pari artistique sans scénario préétabli
Comment occuper un espace pendant dix heures sans véritable scénario, sans début clairement identifié ni final spectaculaire ? C'est le défi relevé par le collectif Protocole. Contrairement à leurs créations déambulatoires antérieures, ils ont choisi de rester au même endroit durant une dizaine d'heures et d'observer ce qui émerge de cette immobilité. Paul Cretin-Sombardier explique : "Nous avons beaucoup travaillé sur des formes déambulatoires, dans le mouvement, dans l'exploration d'un territoire. Cette fois, l'idée est inverse : rester au même endroit durant une dizaine d'heures et voir ce qui surgit. Après avoir fait beaucoup de choses en déplacement, on avait envie de se poser et de prendre le temps."
Cette approche n'est pas totalement nouvelle pour le groupe. Une première expérience en 2018 leur avait laissé un souvenir marquant, révélant le plaisir de la durée, de l'improvisation et du présent. Thomas Dequidt précise : "L'idée n'est pas de raconter quelque chose que l'on a préparé à l'avance, mais plutôt de vivre le moment."
Un campement artistique en constante évolution
Le mot "campement" revient constamment dans leur discours. Les artistes arrivent avec leur camion, des outils, des objets et des éléments de scénographie. Au fil des heures, le lieu se transforme : une pelouse apparaît, une table est déplacée, un coin de repos est créé, un masque est fabriqué, un repas devient matière à performance. Sylvain Pascal résume : "On essaie simplement de mieux habiter l'espace. Et à partir de là, cela produit de la matière artistique."
La présence de Jules Stromboni, artiste plasticien, est centrale. Valentina Santori raconte : "Ça arrive que l'un de nous reste immobile pendant que Jules nous maquille, refait les costumes. Et pendant ce temps-là, les autres continuent. Chacun investit l'espace !"
Le public devient acteur
Dans cette forme atypique, le spectateur n'est jamais totalement passif. Chacun est libre d'arriver, de repartir et de revenir plusieurs heures plus tard. Certains restent quelques minutes, d'autres toute l'après-midi. Tous découvrent une œuvre en perpétuelle évolution. Pietro Selva Bonino explique : "Quelqu'un peut nous regarder un moment, partir faire sa vie puis revenir plusieurs heures après pour voir ce qui a changé."
Lors de précédentes représentations, des visiteurs ont participé à des ateliers de jonglage, à des déambulations improvisées ou à des installations collectives. "Le but, c'est qu'ils deviennent campeurs avec nous", conclut un membre du collectif.



