Trois jours durant, Montpellier devient la capitale de la science politique. Du 10 au 12 juillet, plus de 700 chercheurs français et étrangers échangeront lors du congrès national de l'Association française de science politique. Cet événement marque la quatorzième édition de ce rendez-vous, qui existe depuis 1981, et c'est la première fois qu'il est organisé dans une ville qui ne dispose pas d'Institut d'études politiques (IEP).
Une reconnaissance pour Montpellier
L'histoire de la science politique à Montpellier n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Selon Andy Smith, président de l'Association française de science politique, la discipline est "partie de très peu de chose" dans la ville. Elle s'est installée à partir du moment où Paul Alliès a créé le Centre d'études politiques de l'Europe latine (Cepel), le seul laboratoire de science politique du sud-est de la France. Il s'agit d'une unité mixte de recherche du CNRS, hébergée par l'Université de Montpellier.
Ce statut particulier oblige à faire de la consolidation de la discipline à Montpellier "un combat de tous les instants", estime Andy Smith. Montpellier ne dispose pas d'IEP, contrairement à Lille, Rennes ou Saint-Germain-en-Laye qui ont ouvert le leur dans les années 1990-2000. Les régulières foucades girondines de Georges Frêche, qui clamait son hostilité au pouvoir centralisateur parisien, n'ont pas aidé à ce que la ville en accueille un.
William Genieys, directeur de recherche CNRS et directeur du Cepel, organisateur du congrès, considère que l'obtention de cet événement est "une marque de reconnaissance majeure, qui résonne quelque part comme un label d'appellation d'origine contrôlée". Il se réjouit également que la co-organisation avec le Cirad ouvre la voie à de nouvelles pages de cette histoire collective.
Un congrès dense après une séquence politique mouvementée
Ce congrès se déroule après une séquence politique particulièrement dense en 2016-2017, marquée par les primaires, l'élection présidentielle et les législatives, riche en surprises et rebondissements. Le programme prévoit 330 heures de travail autour de 76 sections thématiques, avec 750 participants actifs, dont environ 300 doctorants et jeunes chercheurs, qui présenteront 680 communications et articles.
William Genieys souligne que ce congrès est aussi l'occasion de dresser l'état des lieux de la discipline : "À l'issue de la séquence que vous évoquez, on est bien obligé de constater que tous les modèles que l'on pensait encore valables il y a moins de cinq ans sont aujourd'hui morts. Tout simplement."



