Fresque de 21 m² en rubans adhésifs : trois ans de travail
Fresque en rubans adhésifs : trois ans de travail

Jusqu'au 29 mai, le plasticien Christophe Ossard présente une fresque de 21 m² réalisée à partir de couches de rubans adhésifs sculptées au bistouri. Ce travail de précision a nécessité trois ans de travail.

Une œuvre qui attire le regard

De nuit, l'œil est accroché par une scintillance féerique émanant du hall de l'Eden. Intrigué, le passant s'approche de la façade vitrée et découvre, ébloui, une immense fresque murale sur laquelle deux personnages s'affrontent dans des vibrations de couleurs fluorescentes.

« Trois types de lumières dirigent le spectateur dans sa lecture, explique Christophe Ossard, le concepteur. Celle du jour où le narratif est là, façon tapisserie. Dans le noir, le fluorescent permet de découvrir l'atmosphère olympienne de la scène, tandis qu'en lumière réfléchissante s'impose une lecture crue, mettant en valeur le divin. »

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Des bistouris en guise de pinceaux

L'œuvre monumentale suscite à la fois sidération et admiration des passants. « Entre féerie et sorcellerie, Christophe Ossard réinvente la matière picturale et sublime le mythe de Marsyas. Au-delà de la simple figuration, son œuvre trouve son équilibre dans la superposition de teintes adhésives qui donnent un relief et une dimension nouvelle à cette scène théâtrale immortalisée par l'École de Naples », a écrit Le Figaro lors d'une exposition à Paris en 1997.

Stupéfiante est la technicité qui mobilise l'artiste de longues heures avant d'attaquer sa création proprement dite. Il doit tout d'abord réaliser ses « plaques », une superposition de couches de ruban adhésif aux couleurs et propriétés variées (naturelles, irisantes, phosphorescentes, etc.) qu'ensuite il taille, évide, sculpte à l'aide de bistouris de finesses extrêmement variées. Puis, l'artiste assemble, empile, colle ou recoupe ces petites pièces, équilibre les couleurs sur sa maquette.

Des milliers d'heures plus tard, l'œuvre est achevée. Combien de temps pour Marsyas ? « Trois ans de travail », répond le plasticien devant des visiteurs effarés. Sur la fresque, Apollon, le dieu de l'art, pavoise. Marsyas, l'écorché, « est l'artiste », suggère Christophe Ossard.

À découvrir jusqu'au 29 mai. À noter que le plasticien est à la recherche d'un lieu d'accueil définitif pour son œuvre (contact à ch.ossard@hotmail.fr ou au 06 62 04 25 39).

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