Montpellier : le Carré Sainte-Anne rouvre avec un arbre monumental de JR
Carré Sainte-Anne : l'arbre de JR pour la réouverture

Le Carré Sainte-Anne, lieu d'art installé dans une ancienne église désacralisée à Montpellier, rouvre ses portes après sept années de fermeture. Pour marquer cette réouverture, la Ville de Montpellier a confié le commissariat de l'exposition inaugurale à Numa Hambursin, directeur général du MO.CO., qui a fait appel à l'artiste plasticien JR. Connu pour ses collages monumentaux et ses œuvres mêlant photographie, street art et engagement social, JR a créé une installation intitulée Adventice, un arbre gigantesque planté au cœur de la nef.

Un arbre aux mille mains

L'œuvre, qui évoque un baobab par son tronc massif, est composée de 10 000 feuilles réalisées à partir de photocopies de mains en noir et blanc. Chaque main est unique, porteuse d'empreintes individuelles, mais ensemble elles forment un tout universel. JR explique : « La main, c'est très personnel, chacune porte nos empreintes individuelles et en même temps, c'est universel, ça nous représente tous. »

Une dimension participative

Depuis des mois, l'artiste a invité le public à envoyer des photocopies de leurs mains, suivant un protocole simple. Écoles, musées, maisons de retraite et établissements accueillant des personnes handicapées ont participé. Dans l'espace d'exposition, deux photocopieuses sont mises à disposition des visiteurs pour ajouter leurs mains au feuillage. Les mains sont assemblées par bouquets de vingt et fixées à l'arbre. JR prédit : « Dans cinq mois, on ne verra normalement presque plus l'arbre sous le feuillage. »

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Une métaphore de la diversité

Le titre Adventice fait référence aux plantes qui poussent sans être cultivées, souvent appelées « mauvaises herbes », mais qui contribuent à la biodiversité. JR s'inspire d'une histoire locale : au Moyen Âge, des moulins drapiers installés sur les rives du Lez lavaient la laine brute venue d'Espagne, d'Afrique du Nord, de Turquie et d'Égypte. Les graines transportées dans la laine se sont acclimatées dans le sol montpelliérain, donnant naissance à des essences inconnues des botanistes du Jardin des plantes. « Quelque part, on est tous des mauvaises graines », philosophe JR. L'installation est ouverte jusqu'au 7 décembre, du mardi au dimanche, avec entrée libre.

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