Le Festival de la Photo d'Arles célèbre la création africaine cet été
Arles met l'Afrique à l'honneur dans sa programmation photo

Le Festival de la Photo d'Arles célèbre la création africaine cet été

La programmation des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, dévoilée ce jeudi 2 avril par ses directeurs Christoph Wiesner et Aurélie de Lanlay, place résolument le continent africain au cœur de son édition estivale. Le festival arlésien, qui se déroulera du 6 juillet au 4 octobre, mettra ainsi en lumière une multitude d'artistes provenant de pays subsahariens, offrant une vision riche et diversifiée de la création photographique africaine.

Une affiche symbolique et des pays à l'honneur

L'orientation africaine de cette édition est affirmée dès l'affiche officielle, qui présente une œuvre du jeune photographe ghanéen Carlos Idun-Tawiah, né en 1997. Son cliché, tiré d'une série réalisée en 2022, capture avec une sensibilité cinématographique l'atmosphère particulière des dimanches dans la capitale Accra. Cette image emblématique ouvre la voie à une exploration approfondie des scènes photographiques ghanéenne et congolaise notamment.

L'exposition Ghana !, commissariée par l'historienne de la photographie Damarice Amao, rendra hommage aux figures tutélaires de ce pays. On y retrouvera James Barnor (né en 1929), premier photographe de presse ghanéen dont le studio Ever Young a documenté l'indépendance du pays, ainsi que l'Américain Paul Strand dont le séjour au Ghana en 1963 avait donné lieu à un remarquable livre de portraits. Paul Kodjo (1939-2021), formé à Paris avant de devenir le photographe officiel de l'ère Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, présentera ses séries de photo-romans qui documentent les mutations du jeune État ivoirien.

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Dénonciation et mémoire coloniale

Plus au sud, le Congolais Sammy Baloji (né en 1978), cofondateur de la Biennale de Lubumbashi, exposera une série puissante dénonçant les violences liées à l'exploitation minière dans sa région natale du Katanga. Thato Toeba (née en 1990), originaire du Lesotho, proposera quant à elle des photomontages et collages saisissants consacrés à l'histoire coloniale, interrogeant les mémoires et les héritages de cette période.

Artistes émergents et regards croisés

Cette programmation africaine s'enrichit également des contributions des Franco-Algériens Katia Kameli (née en 1973), qui explore la mémoire oubliée de l'Algérie, et Bruno Boudjelal (né en 1961), photographe de l'agence Vu ayant parcouru l'ensemble du continent africain pendant cinq ans. La catégorie Émergences accueillera de jeunes talents prometteurs comme Nadine Hounkpatin, Souleymane Bachir-Diaw, Mallory Lowe Mpoka, Charlotte Yonga ou Amira Lamti.

Soucieux d'élargir toujours davantage le champ photographique, les organisateurs convieront également des artistes venus des Caraïbes, comme Jordan Beal, et d'Asie, avec Phan Quang, Hu Weiyi, Aman Alam, Rinko Kawauchi ou Tokuko Ushioda. Cette ouverture internationale n'empêchera pas des hommages aux classiques : Edward Steichen, immense figure du XXe siècle ; le coloriste Harry Gruyaert de l'agence Magnum ; le Finlandais Pentti Sammallahti ; le cinéaste coréen Park Chan-wook. Plus inattendu, le public découvrira également le travail photographique de la comédienne Charlotte Gainsbourg.

Ainsi, les Rencontres d'Arles 2024 proposent un voyage photographique ambitieux, où la vitalité de la création africaine dialogue avec des regards venus du monde entier, tout en honorant les grands noms qui ont marqué l'histoire de la photographie.

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