Street art et rugby fusionnent à Dax avec une fresque monumentale
Street art et rugby fusionnent à Dax avec une fresque

Dans le cadre du festival Muralis, le collectif montpelliérain Sanckoblack travaille depuis le 29 avril sur une œuvre monumentale au niveau de la nouvelle tribune du stade Maurice-Boyau, à Dax. Cette fresque, réalisée du 29 avril au 20 mai, mêle habilement l'univers du rugby et l'art urbain. « Notre président Gilbert Ponteins a également été un ancien dirigeant de l'US Dax. Le projet a mûri pendant deux ans. Ici, le rugby est un mode de vie », explique Yuliia Darbo, coordinatrice artistique de l'association Kalos, organisatrice du festival.

Un projet fédérateur

Après avoir obtenu l'accord de toutes les parties prenantes, le projet a enfin vu le jour. Le collectif Sanckoblack avait déjà adressé une candidature spontanée pour intégrer le festival. Les échanges entre l'association Kalos et les artistes ont ensuite permis de définir les grandes lignes de la fresque. « L'idée est de créer un pont entre l'univers du rugby et le nôtre autour de valeurs humaines », souligne Pedro, membre de Sanckoblack.

Un duo complémentaire

Issu du monde du graphisme, Pedro forme avec Sancko, artiste peintre, un duo né autour d'un projet citoyen consacré au vivre-ensemble. Ils développent aujourd'hui un univers qu'ils qualifient d'« hybride ». « Sancko s'occupe davantage des personnages. Moi, je travaille plus la déconstruction et la typographie. C'est ce mélange qui nous permet de nous distinguer », explique Pedro. La fresque s'articule autour de l'idée d'un élan commun. « Il y a cette volonté d'avancer, de gratter du terrain petit à petit pour marquer. On a essayé de créer quelque chose d'équilibré. »

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Noir, blanc et rouge

Les artistes revendiquent un travail nourri par l'expérience humaine et des références artistiques. « On est inspirés par la société, la politique, les voyages ou encore notre histoire personnelle », explique Sancko. Le duo cite également des figures comme Ernest Pignon-Ernest ou Frida Kahlo parmi ses influences. « Frida Kahlo, c'est cet esprit libre et profondément humain », poursuit-elle.

Le parti pris esthétique de la fresque puise autant dans l'identité du collectif Sanckoblack que dans celle de l'US Dax. « Pendant très longtemps, on travaillait avec du noir, du blanc et du rouge. C'est presque un retour en arrière pour nous », explique Pedro. L'utilisation de ces trois couleurs permet de faire ressortir le travail propre à chacun des artistes. « On a ajouté une couleur complémentaire, le cyan, pour éviter quelque chose de trop brut. » Une manière de rester fidèle à l'univers visuel du club.

Contraintes techniques et météorologiques

Peindre une tribune de stade suppose de composer avec de nombreuses contraintes techniques et météorologiques. La pluie, le vent ou encore les réactions du support influencent directement le rythme du chantier. « On essaie d'être là dès qu'il fait beau », sourit Pedro. Des conditions pourtant rares depuis le début du festival. Il reste néanmoins un peu moins de dix jours à Sanckoblack pour achever la fresque.

Susciter une émotion

Le collectif espère voir cette fresque devenir « forte et emblématique ». « On aimerait que les gens puissent se reconnaître dans l'énergie qu'elle dégage, créer quelque chose de fédérateur », explique Sancko. Pour le duo, une œuvre réussie doit avant tout susciter une émotion, même négative. « Le pire, c'est l'indifférence. Je préfère quelqu'un qui me dise : ''Je n'aime pas du tout.'' Ça permet d'ouvrir le débat », poursuit l'artiste. Les critiques sont perçues comme un outil d'évolution. « Ces réactions nous obligent à nous remettre en question », complète Pedro.

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Le collectif Sanckoblack espère laisser une trace dans un festival qui a déjà accueilli de nombreux noms du street art. Le duo estime que le regard porté sur l'art urbain a considérablement évolué, notamment à Dax, au fil des projets menés dans la ville. « Le street art est aujourd'hui largement accepté. Il y a déjà un parcours et des œuvres de qualité ici », souligne Sancko. Les deux artistes assurent ne ressentir aucune concurrence avec les autres acteurs du milieu. « Chaque projet est unique. » Le duo alterne festivals, ateliers scolaires, expositions et fresques monumentales, et enchaîne les projets en France comme à l'international, au point de devoir parfois décliner certaines propositions en période de forte activité. Une chose est sûre : la fresque sera bien visible dans un stade de Pro D2 la saison prochaine, après le maintien de l'US Dax acté vendredi 8 mai.