Marine Ventura démocratise le vitrail à Pont-Saint-Esprit
Marine Ventura démocratise le vitrail à Pont-Saint-Esprit

Dans sa série « C’est mon métier », Midi Libre met en lumière des professions exercées dans le Gard rhodanien. Ce numéro est consacré à Marine Ventura, vitrailliste qui redonne éclat et modernité à un savoir-faire ancestral, entre restauration du patrimoine et créations contemporaines.

Un métier choisi dès l’adolescence

Certains travaillent le cuir, d’autres le bois, l’argile ou le métal… Marine Ventura, elle, a opté pour le verre. Un matériau « assez exigeant, qu’il faut apprendre à dompter », reconnaît-elle. Une maîtrise dont peut aujourd’hui se prévaloir l’artisane, qui exerce depuis près de vingt ans en tant que vitrailliste. Ce métier « polyvalent », alliant le manuel et l’artistique, elle l’a choisi dès l’adolescence. « Ça a été mon ticket d’entrée pour les Beaux-Arts de Beaune », confie celle qui a poursuivi sa formation par un CAP option vitrailliste puis option décorateur sur verre.

De la restauration à la création

Originaire d’Auxerre, elle arrive dans le Sud en intégrant, pendant son apprentissage, l’atelier Bulard de Saint-Alexandre, spécialisé dans la restauration de vitraux. Elle y évolue pendant quinze ans et travaille sur les vitraux de monuments tels que le Palais des papes, la cathédrale de Rodez ou encore la cathédrale Notre-Dame-de-la-Major à Marseille. « En restauration, on est dans une démarche de conservation de l’œuvre d’origine. On va toujours rechercher la teinte de verre la plus proche de l’original », indique Marine Ventura.

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En 2022, désireuse de « redonner un nouveau souffle » à son métier, elle décide de se mettre à son compte et installe son atelier Lumivitra à Pont-Saint-Esprit. L’occasion également de faire davantage de création sur-mesure que de restauration. « Je veux montrer que le vitrail n’est pas réservé au patrimoine religieux ou sacré et qu’il peut être un élément fort dans une décoration intérieure et même apporter de la modernité. C’est une façon de le démocratiser », assure la quadragénaire qui se déplace chez ses clients pour toute commande.

Un geste inchangé depuis des siècles

Ces visites lui permettent d’appréhender l’exposition du futur vitrail : « Pour une façade plein nord, il faudra un verre pastel, plus clair que pour une exposition plein sud. » Reste ensuite à délimiter les envies du client. Style art déco, industriel, minimaliste, géométrique… les possibilités sont variées. « Je commence ensuite par une maquette sur papier avant de passer à la découpe des pièces en verre. Puis je fais un assemblage, comme pour un puzzle, avant de souder à l’étain chaque intersection », détaille Marine Ventura, qui confie devoir faire preuve de précision, de rigueur et de persévérance dans son art.

Un art dont la technique n’a pas tellement évolué au fil des siècles, assure-t-elle, mais qui s’appuie toutefois sur des innovations scientifiques. À la place du diamant, c’est désormais du carbure de tungstène qui permet de découper le verre, « mais le geste reste le même », indique-t-elle, démonstration à l’appui. En plus de ses vitraux contemporains, l’artisane d’art élabore des objets de décoration tels que des tableaux-vitraux. Des réalisations qu’il est possible de découvrir à la petite boutique d’Aiguèze, jusqu’en octobre prochain.

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