Marie-Sophie Lacarrau, figure emblématique du journal de 13 heures de TF1, a récemment fait escale en Occitanie, une région qui lui est chère. Le 13 juin, elle a rencontré les lecteurs de Midi Libre à Montpellier, après avoir participé au salon des agricultures méditerranéennes de Villeveyrac. « Je me sens chez moi quand je suis ici ! » a-t-elle lancé, visiblement ravie de renouer avec ses racines.
Un parcours ancré en Occitanie
Née à Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron, et ayant grandi à Perpignan, Marie-Sophie Lacarrau a toujours conservé un lien fort avec le sud de la France. Ses premiers pas dans le journalisme, elle les a faits à Montpellier, notamment avec un stage à l'agence Midi Libre de la rue Maguelone, où elle a réalisé un reportage sur l'ouverture du Multiplexe d'Odysseum. Elle se souvient aussi d'un job étudiant dans une crêperie du port de Carnon et de la Dune, lieu de fête incontournable.
Depuis le 4 janvier 2021, elle présente le JT de 13 heures, succédant à Jean-Pierre Pernaut. Ce journal, qu'elle qualifie de « miroir de la France », mise sur la proximité et l'ultra-local. « C’est ce que j’aime », confie-t-elle, entourée d'une équipe d'une centaine de personnes.
Face aux défis du journalisme moderne
Interrogée sur l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux, la journaliste a expliqué que TF1 dispose d'une vingtaine de personnes chargées de vérifier les images. « On a tous la hantise de tomber dans le piège d’une image générée par l’IA. Si on n’est pas sûr, on préfère se passer d’une image et la voir ailleurs », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d'une vigilance accrue.
Des anecdotes et des émotions
Marie-Sophie Lacarrau n'a pas hésité à partager des moments forts de sa carrière. Elle se souvient d'un père originaire de Montauban qui avait perdu son fils, poignardé au Maroc, et qu'elle a accompagné jusqu'au procès. « Cet enfer, j’y pense encore », a-t-elle confié. Elle évoque aussi un reportage dans le Gers, à l'époque de la lutte contre les OGM menée par José Bové, où elle a dû assurer un direct malgré les gaz lacrymogènes.
Parmi les personnalités qu'elle aimerait interviewer, elle cite Donald Trump, pour lui demander s'il croit vraiment à ses annonces sur l'Iran, ainsi que l'acteur Raphaël Quenard et la réalisatrice Andréa Bescond, pour son combat contre les violences sexuelles.
Une santé retrouvée
En 2022, la journaliste a été victime d'une grave infection oculaire, une kératite amibienne contractée sous la douche, qui a failli lui faire perdre la vue. « Vous ne supportez plus aucun bruit, plus aucune lumière… j’ai vécu deux mois dans le noir », a-t-elle raconté. Aujourd'hui, elle rassure : « Tout va bien, merci. »
Son quotidien et ses conseils
Son réveil sonne à 6 heures, et elle rejoint son équipe à 7 h 30. « Tout se joue entre 7 h 30 et 8 h 30 », explique-t-elle, mais il faut aussi gérer l'imprévu. Ainsi, le jour de l'annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen, elle n'a eu l'information qu'à 12 h 57, juste avant de prendre l'antenne. « Et si ce n’était pas tout à fait vrai ? » s'est-elle demandé.
À ceux qui doutent, elle lance : « Faites-vous confiance ! Travaillez, le travail paye toujours ! » Elle assure être « libre à 100 % » et ne pas se laisser déstabiliser par les remarques misogynes, qui glissent sur elle « comme sur de la toile cirée ».
À la rentrée, elle se projette vers la présidentielle : « On a envie d’imaginer d’autres rencontres, et c’est vous qui parlerez aux candidats », promet-elle. En attendant, les halles de Sète espèrent remporter le concours du « Plus beau marché de France », dont les résultats seront annoncés dans la semaine du 22 juin.



