Publicité « Ça a vraiment donné un élan à la commune » : dix ans après, la fresque qui rassemble 670 habitants de cette commune azuréenne est de nouveau exposée. Réalisée à partir des portraits de 670 habitants du village de Saint-Vallier-de-Thiey, dans le pays grassois, cette œuvre collective imaginée par la photographe et correspondante de presse Jackie Dieren continue d’émouvoir ceux qui y figurent et témoigne du temps qui passe.
Un projet né après les attentats de 2015
La photographe et correspondante de presse Jackie Dieren, auteure de la fresque, se souvient de la genèse du projet en 2015, au lendemain des attentats du 7 janvier à Paris. « J’ai voulu rassembler les gens, faire en sorte que l’on soit tous réunis », confie-t-elle. Pendant près de deux ans, elle investit la laverie du village, attirée par son mur blanc, et tire le portrait des habitants. Du nourrisson d’une semaine aux doyens, en passant par les pompiers, le maire ou de simples administrés, chacun est invité à participer. « J’ai réussi à photographier 20 % de la population », raconte Jackie Dieren.
Des visages qui racontent des histoires
Marjorie et Bernard figurent parmi les 670 Vallérois qui ont posé. « Jackie a su photographier des tranches de vie », confie Marjorie. « Ces photos nous font prendre conscience du temps qui passe et des personnes qui nous ont quittés. » Parmi les 670 visages, certains ne sont plus là. « Voir ces personnes disparues provoque forcément quelque chose, poursuit-elle. Il y a dix ans, je ne mesurais pas à quel point la vie allait évoluer. Aujourd’hui, je ne regarde plus le village ni ses habitants de la même manière. »
Une tradition renouée
Cette fresque renoue avec une tradition : la précédente « photo de famille » du village datait de 1925, réalisée dans le Grand Pré. « Avec ce projet, nous avons eu l’impression de faire partie d’un tout », sourit Bernard, qui apparaît aux côtés de son épouse. « Il y avait un véritable sentiment d’unité. »
Les regrets des absents
Certains habitants avaient décliné l’invitation à l’époque. « Beaucoup de Vallérois sont venus me dire par la suite qu’ils trouvaient finalement dommage de ne pas apparaître sur la fresque », confie Jackie Dieren. « Quant à ceux qui ont participé, ils étaient déjà heureux d’avoir été photographiés. Dix ans après, ils le sont encore davantage. Ils cherchent leur visage, ceux des membres de leur famille, de leurs amis… Ce sont de merveilleux souvenirs. »
L’exposition « Au fil du temps » se tient à l’espace du Thiey jusqu’au 22 juin prochain.



