Face au toro le plus redoutable de la corrida de Miura, Damián Castaño a offert un combat admirable, décrochant une oreille aux accents de triomphe à Vic-Fezensac. Sous une chaleur estivale et devant plus des trois quarts d'une arène remplie, les toreros ont affronté des taureaux de Miura aux robes variées, bien armés et au jeu inégal. Pepe Moral a reçu un avis mêlé de sifflets et de silence, tandis que Damián Castaño a été ovationné et a obtenu une oreille. Gómez del Pilar, quant à lui, a été ovationné à deux reprises.
Un combat héroïque
Il a fallu attendre le cinquième toro de Miura pour vivre le grand moment de cette feria vicoise. Un fauve long, haut et costaud, qui n'a offert aucune facilité. Se retournant comme un chat, tentant d'accrocher tout ce qui bougeait autour de lui, il a montré les difficultés qui ont fait la légende de cette ganadería. Mais il a trouvé sur son chemin Damián Castaño, vêtu de blanc et argent, qui lui a fait face de manière admirable, recevant même un coup de frontal sur le torse. Le torero a su mettre en scène une lutte pied à pied, une faena d'audace et d'esquives méritantes, où le danger et l'émotion planaient sur la piste.
Cette faena s'est déroulée sans musique, car l'attention était permanente, même si l'harmonie des Armagnacs a eu le détail de jouer quelques notes de « Ragon Falez » pour saluer la geste du Salmantin. Lorsque Damián a enfoncé l'épée au premier assaut, le public lui a fait une ovation unanime. La présidence, assurée avec sérieux par Nicolas Petriat, Mathieu Cazalet et Julie Berard, lui a accordé une oreille qui avait des odeurs de triomphe.
Une corrida contrastée
Cette dernière corrida de Pentecôte avait bien commencé avec deux premiers toros de Miura qui ont chargé avec bravoure et noblesse, affichant une bonté peu commune sous ce fer. Pepe Moral, en vert anglais brodé de noir, n'a toréé le premier que par approches lointaines avant d'échouer sept fois avec l'épée. Damián Castaño s'est montré déterminé devant l'excellent deuxième, mais n'a pas su conclure avec l'estoc.
La course a également connu ses petits creux. Le troisième Miura, un exemplaire rouanet n'ayant guère de force, a été renvoyé au toril. Son remplaçant, initialement prévu en sixième, n'a guère eu plus de mobilité. Gómez del Pilar, en bleu roi et or, a tenté d'en tirer le maximum, comme il l'a fait face au magnifique Yonnet couru en sixième, peu piqué, maniable mais peu à peu éteint.



