Philippe Madec : peindre les toits en blanc pour lutter contre la chaleur
Peindre les toits en blanc pour lutter contre la chaleur

Alors que la France connaît des épisodes de canicule de plus en plus fréquents, l'architecte Philippe Madec, figure de l'architecture frugale, propose une solution simple pour atténuer l'effet d'îlot de chaleur urbain à Paris : peindre les toits en zinc en blanc. Selon lui, cette mesure ne changerait pas la face de la capitale, mais apporterait un bénéfice certain en période de forte chaleur.

Une proposition pragmatique pour rafraîchir Paris

Dans un entretien accordé à Libération, Philippe Madec explique que les toits en zinc, très présents dans l'architecture parisienne, absorbent la chaleur et la restituent la nuit, contribuant ainsi à des températures nocturnes élevées. En les peignant en blanc, on augmenterait leur albédo, c'est-à-dire leur capacité à réfléchir les rayons du soleil. « Colorer en blanc les toits en zinc ne changerait pas la face de Paris, mais ferait du bien en temps de canicule », affirme-t-il.

L'architecte précise que cette technique est déjà utilisée dans d'autres villes du monde, notamment à New York ou à Los Angeles, où des toits blancs ont été installés sur des bâtiments publics. Il estime que le coût serait modeste par rapport aux bénéfices attendus, et que l'opération pourrait être réalisée progressivement, par exemple lors des rénovations de toitures.

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Une mesure complémentaire à la végétalisation

Philippe Madec ne voit pas cette proposition comme une solution unique, mais comme un complément à d'autres actions, comme la végétalisation des toits et des rues, ou la désimperméabilisation des sols. Il souligne que la végétalisation est plus coûteuse et plus complexe à mettre en œuvre, alors que la peinture blanche est une option rapide et économique.

Interrogé sur l'impact esthétique, l'architecte répond que le blanc pourrait être nuancé pour s'harmoniser avec le paysage urbain. « On peut imaginer des blancs légèrement teintés, qui restent clairs tout en s'intégrant au bâti existant », explique-t-il. Il rappelle que le zinc neuf est déjà gris clair, et que le blanc ne serait donc pas une rupture totale.

Un débat qui divise les professionnels

La proposition de Philippe Madec a relancé le débat sur les moyens de lutter contre les îlots de chaleur urbains. Certains architectes et urbanistes saluent l'idée, tandis que d'autres mettent en garde contre des effets pervers, comme l'éblouissement ou la surchauffe des bâtiments voisins par réflexion. Cependant, Madec estime que ces risques sont limités et que des études pourraient être menées pour valider la solution.

Selon une étude de Météo-France, les températures dans Paris peuvent être jusqu'à 5°C plus élevées que dans les zones rurales environnantes lors des canicules. Les toits blancs pourraient réduire cette différence de 1 à 2°C, selon les simulations. « Ce n'est pas miraculeux, mais c'est significatif », conclut l'architecte.

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