La Chine veut juguler les IA simulant les relations humaines
La Chine veut juguler les IA simulant les relations humaines

La Chine a annoncé, le 15 juillet 2026, un projet de régulation des intelligences artificielles capables de simuler des relations humaines. Cette initiative vise à encadrer les chatbots affectifs et les agents conversationnels qui imitent les interactions émotionnelles, dans un contexte de préoccupations croissantes sur les risques de dépendance et de manipulation.

Un projet de loi pour encadrer les IA affectives

Selon un communiqué de l'Administration chinoise du cyberespace (CAC), le projet de loi prévoit d'interdire aux IA de se faire passer pour des humains sans divulgation claire de leur nature artificielle. Les entreprises développant ces technologies devront également obtenir un agrément et respecter des normes strictes en matière de protection des données et de transparence.

Le texte cible particulièrement les applications de "compagnons virtuels", très populaires en Chine, qui permettent aux utilisateurs de créer des relations affectives avec des IA. Selon une étude du cabinet d'analyse DataReportal, en 2025, plus de 50 millions de Chinois utilisaient régulièrement ce type de services.

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Des préoccupations éthiques et sociales

Les autorités chinoises justifient cette régulation par la nécessité de protéger les citoyens, notamment les mineurs, des risques d'addiction et d'isolement social. "Ces IA peuvent créer des liens émotionnels forts, mais elles ne remplacent pas les relations humaines authentiques", a déclaré un porte-parole de la CAC. "Nous devons éviter que les personnes vulnérables ne soient exploitées ou manipulées."

Le projet de loi fait suite à plusieurs incidents médiatisés, dont le cas d'un adolescent qui avait développé une dépendance à un chatbot affectif au point de négliger sa scolarité et ses relations familiales. Selon des données du ministère chinois de l'Éducation, les signalements de troubles liés à l'utilisation excessive d'IA affectives ont augmenté de 40 % entre 2024 et 2025.

Réactions des entreprises et des experts

Les géants chinois de la tech, comme Baidu, Alibaba et Tencent, qui développent des chatbots affectifs, ont accueilli favorablement le projet de régulation, tout en appelant à des règles claires et applicables. "Nous soutenons une régulation qui protège les utilisateurs tout en permettant l'innovation", a déclaré un porte-parole de Tencent.

Des experts en éthique de l'IA saluent cette initiative, mais soulèvent des questions sur la mise en œuvre. "Il est difficile de définir précisément ce qu'est une 'simulation de relation humaine'. Les critères doivent être objectifs pour éviter une censure excessive", a commenté le professeur Li Wei, spécialiste de l'IA à l'Université de Pékin.

Un précédent dans la régulation des IA

La Chine n'en est pas à son premier effort de régulation de l'intelligence artificielle. En 2023, le pays avait déjà adopté des règles strictes sur les deepfakes et les algorithmes de recommandation. Ce nouveau projet de loi s'inscrit dans une tendance mondiale, alors que l'Union européenne et les États-Unis travaillent également sur des cadres législatifs pour encadrer les IA génératives et affectives.

Le projet de loi chinois devrait être soumis au vote de l'Assemblée nationale populaire avant la fin de l'année 2026. S'il est adopté, il entrerait en vigueur en 2027, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à des amendes de 5 millions de yuans (environ 640 000 euros) pour les contrevenants.

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