Google AI Overviews : les médias redoutent une chute de trafic
Google AI Overviews : les médias redoutent une chute de trafic

Un nouveau service qui inquiète les éditeurs

Le déploiement mondial d'AI Overviews, le nouveau service de Google qui intègre des résumés générés par intelligence artificielle directement dans les résultats de recherche, suscite de vives inquiétudes parmi les médias. Selon une étude de l'éditeur de logiciels de référencement BrightEdge, citée par le Wall Street Journal, ce changement pourrait entraîner une baisse de trafic allant jusqu'à 25% pour les sites d'information.

AI Overviews, lancé initialement aux États-Unis en mai 2024, est désormais disponible dans plus de 100 pays. Google affirme que cette fonctionnalité améliore l'expérience utilisateur en fournissant des réponses rapides et synthétiques. Cependant, les éditeurs de presse craignent que les internautes ne cliquent plus sur leurs articles, privant ainsi les médias de revenus publicitaires et d'abonnements.

Des précédents alarmants

Ce n'est pas la première fois que Google modifie ses algorithmes au détriment des éditeurs. En 2020, le déploiement des extraits optimisés (featured snippets) avait déjà réduit le trafic de certains sites. Mais AI Overviews va plus loin en présentant des résumés complets, souvent sans nécessité de cliquer sur les sources.

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Selon une analyse de l'entreprise de marketing digital Semrush, les pages d'information sont les plus touchées, avec une baisse de visibilité de 30% dans les résultats de recherche depuis l'introduction d'AI Overviews. Les secteurs de la santé, de la finance et de l'actualité sont particulièrement affectés.

La réaction des médias et des régulateurs

Face à cette menace, plusieurs organisations de presse, dont l'Alliance for Audited Media et la News Media Alliance, ont appelé les régulateurs à intervenir. Elles estiment que Google abuse de sa position dominante sur le marché de la recherche pour siphonner le contenu des éditeurs sans compensation équitable.

En Europe, la question est d'autant plus sensible que le Digital Markets Act (DMA) impose aux plateformes dominantes de ne pas favoriser leurs propres services. Google a déjà été condamné à une amende de 4,34 milliards d'euros par la Commission européenne en 2018 pour abus de position dominante concernant Android. Les éditeurs espèrent que les régulateurs européens examineront AI Overviews sous l'angle du DMA.

Les alternatives pour les médias

Certains médias cherchent des parades. Le New York Times a négocié un accord avec Google pour que ses articles soient utilisés dans AI Overviews en échange d'une compensation financière. D'autres, comme le groupe Axel Springer, ont choisi de bloquer le crawl de leurs sites par Google, mais cette décision a entraîné une chute immédiate de leur trafic de 40%.

Selon un porte-parole de Google, cité par le Wall Street Journal, la société travaille avec les éditeurs pour trouver des solutions et leur offrir des outils pour contrôler la manière dont leur contenu est utilisé. Cependant, les détails de ces mesures restent flous.

En attendant, les médias doivent s'adapter à un paysage numérique en pleine mutation, où l'intelligence artificielle redéfinit les règles du jeu. La question centrale reste : comment monétiser un contenu que les utilisateurs consomment sans jamais quitter la page de recherche ?

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