L'Université de Montpellier a piloté un programme de recherche sur les requins en mer de corail, utilisant l'ADN environnemental pour détecter leur présence et leurs migrations. Cette méthode innovante ouvre des perspectives pour le contrôle de ces grands prédateurs, majoritairement inoffensifs, mais pouvant causer des troubles comme à La Réunion.
Des conclusions édifiantes
Pendant quatre ans, le laboratoire Marbec et l'IRD de l'Université de Montpellier ont mené des missions en Nouvelle-Calédonie, dans la mer de corail. L'objectif : récupérer et analyser l'ADN présent dans l'eau, comme sur une scène de crime. « Ces grosses bébêtes larguent des morceaux d'ADN, de la peau ou des déchets qui restent une douzaine d'heures. On pompe l'eau et on filtre pour le trouver », explique David Mouillot, professeur de biologie marine.
Les missions Pristine et Apex ont comparé des récifs totalement isolés de l'Homme avec des zones fréquentées. Les résultats sont surprenants : « Avec l'ADN environnemental, on se rend compte que les requins sont bien plus présents qu'on ne le pensait. Ils sont partout et savent que l'on est là. Notre hypothèse forte est qu'ils coexistent avec nous sans se faire voir, mais pour nous éviter en permanence, pas nous attaquer, car nous sommes une proie facile », précise le chercheur.
Une nouvelle ère s'ouvre
Actuellement, le séquençage de l'ADN ne permet que l'identification au niveau de l'espèce, mais les progrès à venir promettent une reconnaissance individuelle. « On n'en est pas encore là, mais ça va venir, une nouvelle ère s'ouvre », s'enthousiasme David Mouillot.
Les résultats des missions seront présentés mardi 23 mai à 20h à l'Aquarium Mare Nostrum de Montpellier, en partenariat avec l'association Ailerons. Inscriptions par mail à accueil@planetoceanworld.fr.



