Mobilisation massive des salariés d'Ubisoft Montpellier
Ce mardi 10 février 2026, une grève historique a paralysé le studio montpelliérain d'Ubisoft, leader français de la création de jeux vidéo. Environ quatre-vingt salariés ont répondu à l'appel des syndicats pour protester contre le vaste plan d'économies et de suppressions de postes engagé par l'entreprise.
Un contexte de restructuration inquiétant
Le mouvement de grève intervient dans un climat particulièrement tendu au sein du géant du jeu vidéo. Ubisoft a récemment annoncé une réorganisation complète de ses studios de création, incluant le départ volontaire de 200 employés du siège de Saint-Mandé et l'abandon de six jeux, dont le remake très attendu de la licence culte Prince of Persia.
Clément Montigny, délégué du syndicat STJV chez Ubisoft Montpellier, exprime l'inquiétude générale : "On est inquiet et on sait que les décisions se prennent de manière unilatérale dans cette entreprise. On apprend les choses au fur et à mesure et on se demande si le tour de Montpellier va venir."
Le studio montpelliérain dans la tourmente
Créé en 1994 et comptant aujourd'hui 460 salariés, l'entité montpelliéraine n'est pas directement visée par les coupes budgétaires, mais elle est intégrée dans la réorganisation globale du groupe. Antoine, élu au conseil social et économique d'Ubisoft Montpellier, précise : "On est maintenant rattaché à des maisons de créations et à certains jeux. Les licences les plus rentables (Assassin's Creed, Far Cry et Rainbow Six) ont été regroupées. De notre côté, on s'interroge sur cette stratégie et sur le risque de voir des projets secondaires abandonnés."
Le studio travaille actuellement sur le très attendu Beyond Good & Evil 2, promis aux joueurs depuis 2017, tandis que ses autres projets restent confidentiels.
La remise en cause du télétravail : une mesure explosive
Devant les locaux modernes du quartier Millénaire inaugurés en 2019, une décision particulière a provoqué la colère des salariés : la remise en cause du télétravail. Les syndicats dénoncent une situation absurde : "C'est une aberration, notamment à Montpellier où le site n'est pas en capacité d'accueillir tout le monde en même temps. Surtout, cela met les salariés les plus précaires dans une situation dramatique."
Les conséquences sociales sont potentiellement graves : "Le mode de fonctionnement flexible et les loyers montpelliérains ont poussé certains à se loger loin. Les salaires n'ont pas augmenté, et nous craignons que cette décision pousse à des départs plus ou moins volontaires."
Une grève prolongée jusqu'au 12 février
Le mouvement de grève, qui a mobilisé massivement les salariés ce mardi matin, doit se poursuivre jusqu'au 12 février 2026. Cette date correspond à la publication du rapport financier trimestriel d'Ubisoft, un moment crucial qui pourrait éclairer les décisions stratégiques du groupe.
Cette mobilisation historique à Montpellier s'inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales au sein d'Ubisoft, où les salariés expriment une perte de confiance croissante envers la direction et s'inquiètent pour l'avenir de leurs projets et de leurs conditions de travail.



