Les Pégases 2024 couronnent « Clair Obscur » dans un contexte sectoriel difficile
La septième édition des Pégases, les prix récompensant les meilleures créations françaises du jeu vidéo, s'est tenue jeudi soir à Paris. Organisée par le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) depuis 2020, cette cérémonie a vu 18 trophées décernés dans 16 catégories distinctes, suite à un vote impliquant 2 500 professionnels et membres de l'Académie.
« Clair Obscur : Expedition 33 », le grand vainqueur de la soirée
Comme anticipé par de nombreux observateurs, « Clair Obscur : Expedition 33 » a remporté le prix suprême du « meilleur jeu de l'année ». Cette première production du studio montpelliérain Sandfall Interactive, déjà auréolée de succès internationaux notamment aux Game Awards de Los Angeles en décembre, a également été distinguée dans les catégories « Excellence visuelle », « Excellence narrative » et « Meilleur univers sonore ».
Sur la scène de la Cigale, Tom Guillermin, cofondateur de Sandfall, entouré de son équipe et de huit animateurs sud-coréens collaborateurs, a exprimé son émotion : « Que ce jeu ait pu trouver à la fois son public et sa place dans l'industrie, c'est vraiment un immense honneur. » Guillaume Broche, directeur du jeu, a ajouté après la cérémonie : « Ça fait quand même quelque chose quand on est reconnu comme ça par son pays, c'est une fierté, on est trop heureux. »
Ce jeu de rôle inspiré du Paris de la Belle Époque confirme ainsi son statut de phénomène, marquant une consécration nationale après son triomphe à l'international.
Palmarès diversifié et autres lauréats notables
Le palmarès des Pégases 2024 reflète la vitalité créative du secteur français :
- « The Rogue Prince of Persia », développé par le studio bordelais Evil Empire pour Ubisoft, a été sacré « meilleur premier jeu ». Steve Filby, patron d'Evil Empire, a plaisanté sur scène : « Merci à Sandfall de ne pas avoir postulé dans cette catégorie ! »
- « Absolum », jeu d'action médiéval-fantastique du studio parisien Dotemu, repart avec deux trophées : « meilleur jeu indépendant » et « meilleur game design ».
- Parmi les autres distinctions, on note « Les Murmures du Soleil » (meilleur jeu mobile), « Candellum » (meilleur jeu étudiant), ou encore « Rematch » (meilleure innovation technologique).
Un secteur en pleine zone de turbulences
Malgré les célébrations, l'ambiance générale reste contrastée. Salomé Lagresle, présentatrice de la soirée, a ouvert la cérémonie en rappelant « les turbulences que connaît l'industrie », confrontée à une panne de croissance et une chute des investissements privés au niveau mondial.
Des signaux alarmants se multiplient :
- Ubisoft, géant français du secteur, prévoit de se séparer de 200 employés de son siège à Saint-Mandé, soit près de 5 % de ses effectifs en France.
- L'éditeur Nacon, derrière des titres comme « Hell is Us », a été placé cette semaine en redressement judiciaire.
Ces difficultés structurelles jettent une ombre sur les succès individuels, soulignant les défis auxquels fait face l'écosystème vidéoludique français malgré des créations de qualité internationalement reconnues.



