Le décollage crucial de la mission Crew-12 vers la Station Spatiale Internationale
Le compte à rebours est lancé. Ce vendredi 13 février à 11h15 précises (heure de Paris), la fusée Falcon 9 de SpaceX doit s'élancer du Space Launch Complex 40 de la base spatiale de Cap Canaveral en Floride, aux États-Unis. À son bord, quatre astronautes de la mission Crew-12 : la Française Sophie Adenot de l'Agence Spatiale Européenne (ESA), la commandante américaine Jessica Meir, son compatriote Jack Hathaway et le cosmonaute russe Andreï Fediaïev.
Un feu vert après des reports successifs
Après un incident technique sur le lanceur la semaine dernière, la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur aérien américain, a donné son autorisation le vendredi 6 février, estimant la fusée parfaitement opérationnelle. L'équipage a franchi une étape importante lundi 9 février en réalisant sa répétition générale au Kennedy Space Center, mais les conditions météorologiques ont imposé deux reports consécutifs.
Initialement programmé pour le mercredi 11 février, le lancement a d'abord été reporté au jeudi, puis une nouvelle fois au vendredi 13 février en raison de conditions atmosphériques défavorables persistantes le long de la trajectoire prévue. Cette fois, l'attente est particulièrement intense car leur arrivée est impatiemment attendue à quatre cents kilomètres d'altitude.
Une mission de ravitaillement essentielle pour l'ISS
En effet, depuis le départ anticipé de la mission Crew-11 le 15 janvier dernier pour des raisons médicales sérieuses concernant l'un de ses membres, la Station Spatiale Internationale ne fonctionne plus qu'avec seulement trois résidents : l'Américain Chris Williams et les deux cosmonautes russes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev. Ce vol représente donc bien plus qu'un simple baptême spatial pour Sophie Adenot et Jack Hathaway : c'est une véritable bouffée d'oxygène pour les opérations de l'ISS.
L'ascension vers l'apesanteur
Le scénario du décollage, bien que parfaitement maîtrisé, reste une épreuve physique extrêmement intense. Les neuf premières minutes constituent un véritable combat contre la gravité terrestre. Puis, soudainement, à l'extinction du second étage, le fracas assourdissant des moteurs laisse place à un silence absolu.
C'est à ce moment précis, appelé « Seco » (Second Stage Engine Cutoff), que la magie opère véritablement. Les corps, jusque-là écrasés au fond des sièges, commencent à flotter délicatement. Les caméras du cockpit surveilleront alors le traditionnel indicateur de gravité zéro : pour cette mission particulière, une petite peluche en forme de lapin, confiée par la fille de la commandante Jessica Meir, s'élèvera doucement dans l'habitacle, signalant visuellement aux astronautes qu'ils ont définitivement quitté le monde terrestre.
La routine du « camping spatial » pendant le transit
Commence alors la phase peut-être la moins connue du grand public : le transit orbital. Car rejoindre l'ISS ne s'effectue pas en ligne droite. Une fois placé en orbite, le vaisseau Freedom entamera une lente et savante poursuite orbitale de trente-quatre heures pour s'aligner parfaitement avec la station qui file à la vitesse vertigineuse de 28 000 kilomètres par heure.
Durant cette journée et demie de voyage, la capsule de quelques mètres carrés seulement devient leur unique univers. Les astronautes échangent leurs combinaisons pressurisées contre des tenues de vol plus confortables et s'installent dans une routine de « camping spatial » : repas lyophilisés, hygiène sommaire, tentatives de sommeil en apesanteur, le tout en maintenant une surveillance constante des systèmes automatiques. Ce huis clos spatial marque également le début de leur transformation physiologique : leurs corps entament déjà leur adaptation progressive à un monde sans haut ni bas.
L'arrivée et la transmission symbolique
Lors de leur arrivée à bord de l'ISS prévue samedi 14 février vers 21h15 (heure de Paris), les deux primo-volants de l'équipage, Sophie Adenot et Jack Hathaway, recevront solennellement leurs « ailes d'astronaute » des mains de l'équipage déjà présent.
La Française portera alors fièrement l'écusson de Claudie Haigneré, sa première compatriote à avoir séjourné dans l'espace en 1996, qui fut sa plus grande source d'inspiration tout au long de sa carrière. Ce moment représente un véritable passage de témoin entre deux générations d'astronautes françaises : la pionnière historique et la nouvelle représentante de l'excellence spatiale tricolore.
Huit mois de mission scientifique intensive
Mais les célébrations seront nécessairement brèves. Huit mois de mission intensive les attendent, avec leur lot d'opérations de maintenance complexes et d'expériences scientifiques passionnantes, allant de l'étude approfondie de la physiologie humaine aux mystères fascinants de la vie en microgravité. Cette mission Crew-12 s'inscrit donc dans la continuité de l'exploration spatiale internationale tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour la recherche scientifique en orbite.



