Le ministère de l'Éducation nationale a présenté, mardi 12 mai, une évaluation des expérimentations du port de la tenue commune à l'école, réalisée à partir d'une enquête menée en juin 2025, au terme de la première année de test. L'initiative, lancée en 2023 par l'ancien ministre Gabriel Attal, visait à promouvoir l'égalité sociale et à améliorer le climat scolaire.
Des effets inégaux selon les établissements
L'évaluation, conduite en collaboration avec l'organisme indépendant FORS-Recherche Sociale, a porté sur 97 écoles, 14 collèges et 4 lycées répartis sur le territoire national. Selon Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, l'expérimentation renforce globalement le sentiment d'appartenance, mais les effets sur le climat scolaire varient d'un établissement à l'autre.
Perception positive chez les directeurs d'école
Dans le premier degré, 75 % des directeurs d'école rapportent une évolution positive du sentiment d'appartenance des élèves. 60 % des directeurs ont une perception favorable de l'expérimentation, et 80 % d'entre eux souhaitent la poursuivre en 2025-2026. Les élèves les plus jeunes et ceux issus de milieux défavorisés semblent mieux vivre le port de l'uniforme, selon les directeurs.
Résistance dans le second degré
Dans les collèges et lycées, l'adhésion est plus mitigée. Si moins de 10 % des élèves refusent ouvertement le port de l'uniforme, des formes de résistance discrète (personnalisation, ajout d'accessoires) ont été observées, notamment dans les collèges. Les personnels de direction restent favorables à l'expérimentation, mais les élèves sont plus sceptiques.
Une faible adhésion des élèves
Le rapport d'évaluation souligne que se conformer à la règle ne signifie pas y adhérer. Ainsi, 57 % des écoliers déclarent ne pas aimer porter l'uniforme, avec un rejet plus marqué chez les CM2 (69 %) que chez les CP (33 %). Au collège, 63 % des élèves ne se sentent pas bien dans leur tenue, et 62 % estiment qu'elle n'est pas adaptée à leur vie de collégien. Malgré cela, certains chefs d'établissement constatent une diminution des moqueries et des incivilités liées aux vêtements.
Quel avenir pour l'uniforme scolaire ?
Le ministre de l'Éducation nationale a indiqué qu'il faut attendre les résultats de la deuxième année d'expérimentation avant de décider d'une éventuelle généralisation. Emmanuel Macron avait évoqué une possible généralisation à la rentrée 2026 si les résultats sont concluants. L'enjeu est de déterminer si l'uniforme peut devenir une réalité pérenne ou si cette idée, autrefois évidente, ne correspond plus à l'époque actuelle.



