La NASA bouleverse son programme Artemis pour tenir l'échéance de 2028
L'agence spatiale américaine a dévoilé, vendredi 27 février, une restructuration profonde de son ambitieux programme lunaire Artemis. Cette annonce fait suite à une série de reports, dont le dernier concerne la mission Artemis-2, retardée la semaine passée en raison d'un problème technique sur la fusée. Face à ces difficultés et à la pression croissante exercée par la Chine, qui ambitionne d'envoyer des hommes sur la Lune d'ici 2030, la NASA adapte sa stratégie.
Un calendrier révisé pour assurer le retour sur la Lune
Lors d'une conférence de presse, Jared Isaacman, le patron de la NASA, a précisé les contours de cette refonte. Pour respecter l'objectif d'un retour des astronautes américains sur la surface lunaire en 2028, l'agence va ajouter des missions intermédiaires entre le vol Artemis-2, prévu pour ce printemps, et l'alunissage. Conséquence majeure : la mission Artemis-3, initialement conçue pour inclure un atterrissage lunaire, ne comprendra plus cette étape cruciale. Celle-ci sera désormais tentée plus tard, lors de deux missions distinctes prévues en 2028.
Un retour aux fondamentaux du programme Apollo
Cette réorganisation vise à aligner l'architecture d'Artemis sur celle du légendaire programme Apollo des années 1960-1970. Ce dernier, caractérisé par de multiples missions rapprochées et de difficulté progressive, avait permis aux États-Unis de devancer l'Union soviétique dans la première course à la Lune et d'y faire atterrir les seuls humains à ce jour. En revanche, Artemis, lancé sous la première présidence de Donald Trump, reposait sur un nombre limité de missions espacées avec des objectifs très ambitieux, notamment établir une présence humaine durable sur la Lune et préparer des expéditions vers Mars.
Un contexte de rivalité spatiale intense
La décision de la NASA intervient dans un climat de compétition accrue avec la Chine, puissance rivale déterminée à installer une base lunaire. Les retards successifs, comme celui d'Artemis-2 qui devait envoyer des astronautes en orbite lunaire pour la première fois en plus de cinquante ans, ont accru l'urgence de cette refonte. En rapprochant son approche de celle d'Apollo, l'agence spatiale américaine espère ainsi surmonter les obstacles techniques et logistiques pour maintenir son leadership dans l'exploration lunaire face aux ambitions chinoises.



