Démantèlement du VPN criminel First VPN : 33 serveurs saisis en Europe
First VPN démantelé : 33 serveurs saisis en Europe

Un outil majeur pour la cybercriminalité a été neutralisé. Ce jeudi, la procureure de Paris a annoncé le démantèlement du service First VPN (réseau privé virtuel), « largement utilisé par des cybercriminels pour dissimuler leur identité ». L'opération, menée mardi, a été coordonnée par les autorités judiciaires françaises et néerlandaises, avec le soutien d'Eurojust et d'Europol.

Des saisies dans toute l'Europe

« Trente-trois serveurs ont été saisis dans différents pays d'Europe », a précisé Laure Beccuau dans un communiqué. « Le principal administrateur, localisé en Ukraine, y a été entendu à la demande du juge d'instruction français, en présence des enquêteurs de la brigade de lutte contre la cybercriminalité », a-t-elle ajouté.

Un VPN utilisé pour de nombreuses infractions

Une enquête avait été ouverte en décembre 2021 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, « devant le constat récurrent de l'utilisation de ce service VPN pour la commission de nombreuses infractions au préjudice de victimes françaises ». Ce service permettait de rediriger les connexions via un serveur tiers, empêchant ainsi d'en identifier l'origine. Il se présentait comme mettant ses utilisateurs à l'abri de toute identification et comme non coopérant avec les services de police.

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La magistrate a souligné que le service proposait « des offres tarifaires différentes selon le degré de complexité des relais de connexions » et faisait « de la publicité exclusivement sur des forums cybercriminels ». Les investigations menées par la brigade de lutte contre la cybercriminalité et l'Office anti-cybercriminalité (Ofac) ont révélé que ce service, actif depuis 2014, « avait pu être utilisé par plus de 5.000 comptes » et a permis « de recueillir des éléments intéressant des enquêtes sur des ransomwares, comme Phobos ».

Une enquête commune avec les Pays-Bas et Interpol

Une information judiciaire a été ouverte en mars 2022, notamment pour « complicité d'accès, maintien et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé de données (STAD) » et « complicité d'extorsion en bande organisée et d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime ». L'équipe commune d'enquête mise en place en 2023 avec les Pays-Bas a donné lieu à l'ouverture d'une équipe opérationnelle à Europol, avec l'appui de l'Espagne et de la Suède.

« Au total, 83 dossiers de renseignements concernant 506 usagers ont pu être adressés aux pays partenaires », a exposé la procureure de Paris. Les États-Unis, le Canada et l'Allemagne ont contribué à l'enquête, tandis que l'Ukraine, la Suisse, le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Roumanie ont participé à la journée de l'opération.

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