Australie : encadrement de l'IA annoncé par le Premier ministre
Australie : le Premier ministre annonce un encadrement de l'IA

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a annoncé ce lundi un projet de loi visant à encadrer l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le pays. Cette initiative, présentée comme une première mondiale, entend concilier protection des citoyens et soutien à l'innovation technologique.

Un cadre législatif inédit

Le texte, qui sera soumis au Parlement dans les prochains mois, prévoit la création d'un commissaire à l'IA doté de pouvoirs de sanction. Selon le gouvernement, cette mesure répond à une nécessité de régulation face aux risques liés à l'IA, notamment en matière de discrimination, de vie privée et de sécurité.

Albanese a déclaré : "Nous voulons que l'Australie soit à la pointe de l'innovation, mais pas au détriment de la sécurité et des droits de nos citoyens." Le projet de loi s'appuie sur les recommandations d'un rapport parlementaire publié en mai dernier, qui préconisait une régulation proactive.

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Des mesures concrètes

Parmi les dispositions clés, le texte imposera une évaluation obligatoire des risques pour les systèmes d'IA à haut risque, comme ceux utilisés dans la santé, la police ou le recrutement. Les entreprises contrevenantes s'exposent à des amendes pouvant atteindre 50 millions de dollars australiens (environ 31 millions d'euros) ou 30 % de leur chiffre d'affaires annuel.

Le gouvernement prévoit également un fonds de 100 millions de dollars australiens pour soutenir la recherche en IA éthique et la formation des travailleurs. "Nous devons anticiper les changements du marché du travail", a souligné le ministre de l'Industrie, Ed Husic.

Réactions contrastées

Les associations de défense des droits numériques ont salué l'initiative, tout en appelant à un renforcement des garanties. "C'est un pas important, mais il faut aller plus loin sur la transparence des algorithmes", a estimé Lucy Thomas, porte-parole d'Australian Privacy Foundation.

Du côté des entreprises technologiques, le ton est plus réservé. Le groupe Atlassian, basé à Sydney, a exprimé des craintes quant à un frein à l'innovation. "Nous espérons que le dialogue avec le gouvernement permettra d'ajuster le texte pour éviter une bureaucratie excessive", a indiqué un porte-parole.

Un contexte international

Cette annonce s'inscrit dans un mouvement global de régulation de l'IA. L'Union européenne a adopté en mars dernier son AI Act, tandis que les États-Unis travaillent sur un cadre législatif. L'Australie, qui se positionne comme un acteur majeur de la tech dans la région Asie-Pacifique, veut montrer l'exemple.

Selon un sondage récent, 78 % des Australiens se disent favorables à une régulation stricte de l'IA. Le gouvernement espère une adoption de la loi d'ici la fin de l'année 2026.

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